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Le fort de Douaumont en 1916 

  " Verdun 1916 : le début de 300 jours en enfer", 

                   par le général Noël CHAZARAIN, membre titulaire (séance du 1er février 2016)                                            

« Le nom de Verdun est devenu comme un synonyme synthétique de patriotisme, de bravoure et de générosité » : ainsi débutait, avec ces mots de Raymond Poincaré, la conférence de M. Noël Chazarain, membre titulaire, sur le thème Verdun février 1916 : le début de 300 jours en enfer. Durant dix mois, cinquante deux millions d’obus feront dans les deux camps plus de 700 000 victimes : 306 000 morts ou disparus et 406 000 blessés. L’enfer !

 

 La grande offensive allemande commence le 21 février 1916 sur Verdun, ville fortifiée autour de sa citadelle. Un ensemble de tranchées y a été créé, mais l’endroit est « un terrain à catastrophe » selon la presse.

 Un déluge de feu s’abat sur Verdun. Les tranchées sont transformées en sillons parsemés de cadavres  ! La débâcle est totale, le commandement français est dépassé par les événements. Le 25 février, alors que la neige tombe en abondance, mal défendu, le fort de Douaumont tombe. Pétain est appelé au Haut Quartier Général.

26 février : les Allemands s’élancent à nouveau, mais les Français se reprennent grâce à l’ artillerie placée à l’ouest de la Meuse ; les Allemands ne progressent plus. Et chaque jour jusqu’en décembre, 15 000 hommes et 200 tonnes de matériel monteront au front par l’unique route disponible que l’écrivain Maurice Barrès appelle : « la voie sacrée ». En octobre, Douaumont est repris.

Et le général Chazarain de s’interroger sur les raisons psychologiques et militaires des Allemands de se battre à Verdun pour quelques kilomètres carrés de terrain. Verdun n’était-il pas, à leurs yeux, un nom prestigieux, là où Charlemagne avait choisi un aigle à deux têtes comme signe de puissance ? Et de souligner : « A Verdun, on était loin du fanatisme racial et il n’y avait pas même entre les Français et les Allemands de fossé idéologique ». Et de conclure : « A Verdun, le combat a été frontal, cela sur un petit périmètre. La victoire est due avant tout à l’endurance, la ténacité, le courage des combattants. Gloire à eux, gloire aux soldats de Verdun ».

Le président Philippe Bécade concluait cette brillante conférence par ces mots : « Que dire après cette terrible évocation où la notion de "chair à canon" prend toute sa dimension ? Verdun, c’est une victoire hautement symbolique. Cette bataille a pourtant failli ne jamais avoir lieu car l’état-major allemand qui voulait saigner la France a hésité avec Belfort pour effacer la résistance farouche de Denfert-Rochereau en 1870, résistance symbolisée par le lion de Bartholdi. Peu importe, la France l’a emporté dans ce combat dont Paul Valéry a dit :" Verdun c’est la guerre dans la guerre", sans oublier que Verdun fut aussi l’objet de rivalités internes tant sur le plan militaire que politique. »