Illustration -Napoléon à MontaubanLO BICENTENARI ES ACABAT !

Napoleon à Montalban

En l'annada commemorativa del bicentenari de la creacion del Tarn e Garona (2008), l’Académia de Montalban a portat un agach novèl sul poèma "Napoleon a Montalban", que balha totes los detalhs sus la jornada del 29 de julhet de 1808. Edoard Forestièr l’aviá fach pareisser dins lo Butletin de la Societat arqueologica en 1908 : èra una compilacion de las doas còpias conegudas (degun sap ont es passat l’original). Aqueste còp, la grafia n’es estada normalisada per Estève Bordoncle e Norbèrt Sabatièr a balhat una revirada en vèrses, aprèp una pichona presentacion critica.
En mai del poèma occitan de Constans-Manàs, ambe la revirada francesa, d’imatges inedits son publicats dins aqueste libròt de 66 paginas, a començar per las armas de la bona vila de Montalban, de las tres abelhas en plaça de las tres flors de liri. I a tanben una gravadura del fons Forestièr que representa l’emperaire a caval, saludat par un fòc d’artifici*.

*On se pòt crompar lo libròt alprèp de l'associacion Antonin-Perbòsc, rota de Montèg a Montalban, al prètz de 10 euros, o pel biais del siti : academie-montauban.fr ont se pòdon trapar fòrça causas en rapòrt ambe la lenga nòstra.

" Contes populaires " est le titre sous lequel la Société des Etudes locales dans l’Enseignement public, du groupe de Tarn-et-Garonne, a fait paraître deux séries de contes, à l’initiative d’Antonin Perbosc.

Il faut préciser que le « Père de l’Occitan », ainsi qu’il a été surnommé, a fait plus que s’intéresser à l’idiome local. Il a été au départ d’un travail de collectage à Comberouger d’autant plus important que ses associés étaient ses élèves qu’il avait constitués en Société traditionniste, la première du genre et qui « fut accueillie avec une vive curiosité et sans doute un certain étonnement par le Congrès des traditions populaires tenu à Paris en 1900 », nous dit-il.

Cette œuvre « purement folklorique » a le mérite d’avoir « noté avec une égale fidélité » le « langage ancestral ».

On leur doit par conséquent la première série des Contes de la vallée du Lambon (1914), traduits par Perbosc. La deuxième série s’intitule Contes de la vallée de la Bonnette (1924), recueillis par les élèves des écoles de Loze sous la direction de Jean Hinard et traduits également par Antonin Perbosc.

Mimologismes populaires

Mimologisme

Mimologisme

Règles de lecture : pour prononcer [ o ] on écrit « ò » ;
le « o » se prononce comme [ ou ] en français ;
le « e » comme un [ é ] et le « v » comme un [ b ] ;
le « nh » comme [ gn ] et le « lh »  comme « lieu » ;
le « u » reste comme [ u ] et le « a » en finale devient [ o ] faible ; 
les « n » et « r »en finale sont quasi-muets.


 

Lo DracLo Drac

Autres  còps, -dabans que se sounèsse l’angèlus,- lo Drac se metiá en fòrma de bèstia, quora un cat, quora una cavala, quora un moton, que l’òm trobava pels caminses.
Un jorn, i aviá vint e dos dròlles qu’anavon al cataquirme. Aquí qu’al cap d’un prat trobèron una polida cavaleta aimabla e domèja que qual sap, talament qu’un diguèt :
- I cal montar sus l’esquina.
E i montèt. Aprèp aquel un autre, apuèi un autre…
L’esquina de la cavala s’estirèt tant e tant que vint e un i montèron.
Lo darrièr diguèt, en levant la camba :
- Quand mon paire monta a chaval, se senha.
E en diguent aquò, se senhèt.
La cavalassa anava cap al riu, per i negar totes aquelses paures mainatges ;
mès al signe de la crotz s’avaliguèt, en diguent :
Se nomine patris non fos, Ne negavi vint e dos.

Le Drac

Autrefois, -au temps où l’on ne sonnait pas encore l’angélus,- le Drac prenait la forme de diverses bêtes, tantôt un chat, tantôt une jument, tantôt un mouton, que l’on rencontrait sur les chemins.
Un jour, il y avait vingt-deux enfants qui allaient au catéchisme. Voilà qu’au bout d’un pré ils trouvèrent une jolie petite jument d’une amabilité et d’une douceur étonnantes, si bien que l’un des enfants dit :
- Il faut lui monter sur l’échine.
Et il y monta. Après celui-là un autre, puis un autre…
L’échine de la jument s’étira tant et tant que vingt et un y montèrent.
Le dernier dit, en levant la jambe :
- Quand mon père monte à cheval, il fait le signe de la croix.
Et, en disant cela, il se signa.
La grande jument allait vers le ruisseau, pour y noyer tous ces pauvres enfants ;
mais au signe de la croix elle disparut, en disant :
Si nomine patris ne fût, J’en noyais vingt-deux.

(Recueilli à Loze, vers 1900, par Jean-Léon Pouxviel, né en 1889)


Monhet

Atchí que le mèste vic Monhet que li panaua de hauas.
Anguèc au hauar en de le ne tirar : Monhet se’n volèc pas anar.
« A ! Monhet, te’n vòs pas anar ! vau quèrre le can, que te morderà. »
Atchí que le can volèc pas mòrdre Monhet.
« A ! can,  vòs pas mòrdre Monhet ! vau quèrre le lop, que t’escanarà. »
Atchí que le lop volèc pas escanar le can.
« A ! lop,  vòs pas escanar le can ! vau quèrre la barra, que t’atucarà. »
Atchí que la barra volèc pas atucar le lop.
« A ! barra,  vòs pas atucar le lop ! vau quèrre le hòc, que te flambarà. »
Atchí que le hòc volèc pas flambar la barra.
« A ! hòc,  vòs pas flambar la barra ! vau quèrre l’aiga, que t’escantirà. »
Atchí que l’aiga volèc pas escantir le hòc.
« A ! aïga,  vòs pas escantir le hòc ! vau quèrre les buòus, que te beuràn. »
Atchí que les buòus volègan pas beue l’aiga.
« A ! buòus,  volètz pas beue l’aiga ! vau quèrre las julhas, que vos julharàn. »
Atchí que las julhas volègan pas julhar les buòus.
« A ! julhas, volètz pas julhar les buòus ! vau quèrre les rats, que vos rosigaràn. »
Atchí que les rats volègan pas rosigar las julhas.
« A ! rats, volètz pas rosigar las julhas ! vau quèrre les gats, que vos minjaràn. »
Atchí que les gats volègan minjar les rats. Alavetz, les rats volègan rosigar las julhas ; las julhas volègan julhar les buòus ; les buòus volègan beue l’aiga ; l’aiga volèc escantir le hòc ; le hòc volèc flambar la barra ; la barra volèc atucar le lop ; le lop volèc escanar le can ; le can volèc mòrdre Monhet, e Monhet volèc se n’anar dòu hauar.
Mès, a la fin de tot aqueth rambalh, Monhet auèc le sac plen.

Mougnet

Voilà que le maître vit Mougnet qui lui volait des fèves.
Il alla au champ de fèves pour l’en chasser : Mougnet ne voulut pas s’en aller.
« Ah ! Mougnet, tu ne veux pas t’en aller ! je vais aller chercher le chien, qui te mordra. »
Voilà que le chien ne voulut pas mordre Mougnet.
« Ah ! chien, tu ne veux pas mordre Mougnet ! je vais aller chercher le loup, qui t’étranglera. »
Voilà que le loup ne voulut pas étrangler le chien.
« Ah ! loup, tu ne veux pas étrangler le chien ! je vais aller chercher le bâton, qui t’assommera. »
Voilà que le bâton ne voulut pas assommer le loup.
« Ah ! bâton, tu ne veux pas assommer le loup ! je vais chercher le feu, qui te brûlera. »
Voilà que le feu ne voulut pas brûler le bâton.
« Ah ! feu, tu ne veux pas brûler le bâton ! je vais chercher l’eau, qui t’éteindra. »
Voilà que l’eau ne voulut pas éteindre le feu.
« Ah ! eau, tu ne veux pas éteindre le feu ! je vais chercher les bœufs, qui boiront. »
Voilà que les bœufs ne voulurent pas boire l’eau.
« Ah ! bœufs, vous ne voulez pas boire l’eau ! je vais chercher les liens, qui vous lieront. »
Voilà que les liens ne voulurent pas lier les bœufs.
« Ah ! liens, vous ne voulez pas lier les bœufs ! je vais chercher les rats qui vous rongeront. »
Voilà que les rats ne voulurent pas ronger les liens.
« Ah ! rats, vous ne voulez pas ronger les liens ! je vais chercher les chats qui vous mangeront. »
Voilà que les chats voulurent manger les rats.
Alors, les rats voulurent ronger les liens ; les liens voulurent lier les bœufs ; les bœufs voulurent boire l’eau ; l’eau voulut éteindre le feu ; le feu voulut brûler le bâton ; le bâton voulut assommer le loup ; le loup voulut étrangler le chien ; le chien voulut mordre Mougnet, et Mougnet voulut s’en aller du champ de fèves.
Mais, à la fin de tous ces débats, Mougnet eut le sac plein.

(Recueilli par Laure Artigaud, écolière de Comberouger, née en 1889)

Note : ce conte est une randonnée, définie ainsi par Perbosc :
« Appelées par les enfants contes en escaleta (contes en petite échelle), elles se composent d’une montada et d’une davalada… La montada est un récit énumératif exposant des faits graves, surprenants, dont chaque phrase, dite sur le même ton, le tient sous son charme tant que dure la montée ; après un temps d’arrêt, c’est la davalada qui se dit très vite, où chaque phrase est une réplique à l’une des phrases de la montée et qui se termine par une conclusion le plus souvent comique. »

 


 

Le tambourineur et les loups

Il y avait, une fois, un tambourineur de Larrazet qui s’en allait battre du tambour à la fête votive de Beaupuy.
Un soir, en s’en revenant par un sentier, quand il fut au milieu du bois de Grandselve, il vit deux loups qui le suivaient. Il avait tellement peur qu’il tremblait comme un jonc, et il prenait bien garde de tomber, car il savait que les loups l’auraient dévoré.
Une branche qui traversait le sentier vint à toucher le tambour. Les loups s’arrêtèrent sur-le-champ.
« Qu’est-ce que c’est ? dit le tambourineur, vous avez peur, peut-être ? »
Il prit les baguettes du tambour et se mit à jouer la « courante ».
Les loups se lancèrent de toute leur vitesse à travers le bois.
« Ah ! ce n’est que cela qu’il vous fallait ! dit l’homme. Attendez, vous allez entendre une sérénade qui se portera bien ! J’ai trouvé un bon remède : maintenant, je ne crains plus la fascination du loup. »
Et, à partir de ce jour, chaque fois que le tambourineur passait par le bois de Grandselve,
il jouait régulièrement la « courante ».
Plus jamais, il ne vit aucun loup.

(Recueilli à Comberouger, en 1902, par Gaston Labernade, Jean-Marie Soulié et Antonin Laborderie, nés respectivement en 1887, 1888 et 1895)

Occitan language & culture

When William the Conqueror took possession of England, after the Battle of Hastings in 1066, the Counts of Toulouse governed a large area situated between the River Garonne and the Rhône. Then in 1209 there began the tragedy of the so-called Albigensian Crusade against the Cathars whom the Catholic church considered as heretics, a view naturally shared by the French clergy and the King of France, who succeeded finally in incorporating the County of Toulouse into his kingdom.

The Good Ol’ Days …

Nevertheless, a culture was born under the name of “trobar” (from the Latin TRÖPVS, “tropare” meaning “to compose texts to be sung”), and between the 11th and 14th centuries troubadour poets travelled over the whole of Europe. They originated from south of the River Loire, Guilhem de Peitius (William IX Count of Poitiers) being considered as the first of them (1071 – 1126). They invented “fin’amor”, a code of courtesy to honour the ladies to whom they dedicated their songs. They had family connections with all the major European countries, especially England, thanks to Eleanor of Aquitaine and Richard The Lion-Heart (he composed poems in Occitan himself), both of whom, at various times, ruled over the South-West of France. This is the area that came to be known as Languedoc : “OC country”, as Dante Aligheri named it when he came to visit it around 1300. The difference he established was between two ways of saying “yes” , that is “òc ” in the South as opposed to the North where they said “oïl ” (modern oui). In Toulouse, in 1323, there sprang up an important literary movement referred to as the “Consistoire du Gay Savoir”, the oldest such organisation in Europe. In 1694 it became known as the “Académie des Jeux-Floraux” because the poets associated with it were awarded prizes of flowers.

Modern times ...

In 1539, a royal edict was signed in Villers-Cotterêts by the King of France, François I, which stipulated that henceforth French would replace Latin as the official language of France, and as a result Occitan literature lost status while its language survived only as a series of spoken dialects. After the 1789 French Revolution, things did not improve : it was even forbidden to speak Occitan at school ! But in the middle of the 19th century, a rebirth took place, with poets like Jasmin, from Agen, whose songs enjoyed a very wide popularity, and also Frédéric Mistral in Provence who created the Felibrige. This organization, which covered the whole of the South of France, gave new impetus to local felibres (poets), but there was, as yet, no unity and everyone continued working in their own specific area. At the end of the century, a new movement came into being, with Antonin Perbosc at its head. He it was who coined the term Occitania after studying the works of the troubadours as well as other Occitan texts, administrative and commercial, dating back to the Middle Ages. New “schools” were founded, for example L’Escolo Carsinolo (the Quercy School) in Montauban, in 1895, or La Cloucado dels Clastres (The Cloisters’ School) at Moissac, where poets from different social origins could meet altogether.

What about now ?

It was not, however, until the end of World War II that any real unity came to exist, and this came about with the creation, in 1944, of the Institut d’Estudis Occitans (Occitan Studies Institute), which developed a unified, single spelling system for Occitan, but one adaptable to regional variations, and promoted the publication of magazines and books in Occitan. It was an effective way of proving that a real Occitan culture existed, a civilization that had to be taken account of, a powerful movement from the “deep South” demanding the right “to live in its own area” (the 1970s’ Viure al Païs movement). Today, Occitan is going from strength to strength, thanks to its language and culture being taught in nursery schools (calandretas), in specialized Occitan-French sections, in high-schools and at universities. The Occitan heritage is one which is proud to assert and promote itself.

How to pronounce modern Occitan :

pronounce [o] like in “top” when you read « ò » ;
pronounce [u] like in “blue” when you read « o » ;
pronounce [e] like in “red” when you read « è » ;
pronounce [b] like in “bob” when you read « v » ;
pronounce [nye] like in “new” when you read « nh » ;
pronounce [lye] like in “lieu” when you read « lh » ;
pronounce [] approximately like the last syllable of “poplar” when « a » is at the end of a word
try rolling your “r”s like a Scot, but never pronounce « n » or « r » at the end of a word.

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