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En anguent a la Fièra dels Cans

(paroles de M. Antonin Ver, député-maire de Lafrançaise)
La foire aux chiens de Lafrançaise qui se tenait le 29 septembre, pour la saint Michel, est mentionnée dès le début du XVIème siècle par Guyon de Malleville.
La renommée des chiens de Lafrançaise allait jusque dans le Brabant, et localement, le comité du Saint Hubert assurait le maintien de la tradition.

Refrain

Per aquels afars
Volguètz, volguètz pas,
Vos caldrà montar devèrs Lafrancesa. A !
Per aquels afars
Volguètz, volguètz pas,
Vos caldrà montar per la fièra dels cans. A !

Pour ces affaires-là,      
Que vous le vouliez ou non,
Il vous faudra monter vers Lafrançaise. Ah !
Pour ces affaires-là
Que vous le vouliez ou non,
Il vous faudra monter pour la foire des chiens.

1

Per la còsta en montent, susa, susaràs,
Tròp urós se un chaval vos espotis pas,          
E quand sètz arrenduts, voldriatz dejunar.
L’aubèrga, tròp bondada, n’a res a manjar,
E davant los qu’an ventre plen,
Junatz dusc’al ser.

Par la côte en montant, tu sues, tu sueras,
Trop heureux qu’un cheval ne vous écrase pas,              
Et une fois harassés, vous voudriez déjeuner.
L’auberge, trop bondée, n’a rien à manger,
Et devant ceux qui ont le ventre plein,
Vous jeûnez jusqu’au soir.

2

Es pas tot. Quand anatz veire lo fieral,
Sètz mitat estropiat per gens e bestial ;
L’un vos marca en passent d’un esclòp ferrat,
L’autre penna e vos fica un truc al costat ;      
E se pialhatz, vos fan rasons
A còps de tocadors.

Ce n’est pas tout. Quand vous allez voir le foirail,
Vous êtes à moitié estropié par les gens et le bétail ;
L’un vous mâche en passant de son sabot ferré,
L’autre rue et vous fiche un coup au côté ;         
Et si vous criaillez, ils vous tiennent raisons
A coups d’aiguillons.

3

Sul platèu, al combat, l’ors es muselat,
Se dintratz, per badar, sètz plan sovent panats.
Es un ors, es un vièlh faró
Qu’an abilhat e fardat coma un lop-garon,
Amai se pòt que quauque còp vos agafarà.

Sur le plateau, au combat, l’ours est muselé,
Si vous entrez, pour badauder, vous êtes bien souvent volés.
C’est un ours, c’est un vieux chien de berger
Qu’ils ont habillé et fardé comme un loup-garou,
Il se peut même qu’une fois, il vous mordra.


N.B. : texte écrit selon la graphie classique des Troubadours, dite aussi normalisée, mise en place à partir du système Perbosc-Estieu, perfectionnée par Louis Alibert et répandue par l’Institut d’Estudis Occitans.
           

Règles de lecture :
pour prononcer [ o ] on écrit « ò » ;
le « o » se prononce comme [ ou ] en français ;
le « e » comme un [ é ] et le « v » comme un [ b ] ;
le « nh » comme [ gn ] et le « lh » comme « lieu » ;
le « u » reste comme [ u ] et le « a » en finale devient [ o ] faible ;
les « n » et « r » en finale sont quasi-muets.
les accents aigus marquent l’intonation ;
ne pas oublier de diphtonguer les au, òu, eu, ai...