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Elle permet aussi d'accéder directement à des pages particulières :   les derniers numéros de notre lettre électronique, nos statuts ou un rappel chronologique de l'évolution de l'Académie au fil des années.


 

   Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Montauban

Mai 2024

N°75

LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

1. Le mot du Président : p.2

2. La séance publique du 6 mai : p. 3-7

3. CFM : les rendez-vous de l’Académie. 41ème édition, enregistrée le 15 mai : p.8

4. La séance publique du lundi 3 juin : p. 8-9

5. Les publications de l’Académie : p. 9

1. Le mot du Président

Célébrons les ponts !

Bien sûr, les traditionnels ponts de mai sont agréables et appréciables, puisqu'ils provoquent une rupture des séquences de travail. Ils permettent de se ressourcer, de se retrouver en famille ou en amitié. Si, de surcroît, le temps est au «grand beau» ce sont de très agréables moments pour profiter pleinement de la nature au cours de balades, randonnées, occasions de découvertes et autres activités dont je ne vous imposerai pas une énumération au vu de leur immense variété...

A vrai dire, ce n’étaient pas ces ponts de rupture que je voulais évoquer... Mais les ponts qui relient, ceux que les mots tissent entre les hommes. Je prends ce bel exemple des Africains du Sud disant à Nelson Mandela lors de la réconciliation et de la fin de l’apartheid : « Madiba tes mots sont des ponts entre nous ».

Les ponts relient les hommes, les quartiers des villes : à Montauban le Pont Vieux entre la ville haute et Villebourbon, à Toulouse le Pont neuf relie Saint- Cyprien au centre, en Hongrie Buda à Pest, et le Pont-Euxin (étymologiquement « mer hospitalière ») l’Europe à l’Asie Mineure. Ce n’est donc pas sans raisons que Darwin écrivait que « trop longtemps les hommes ont construit des murs et il serait temps qu’ils construisent des ponts ».

Mais à côté de ces ponts édifices, il y a les ponts de l’esprit, le rôle des pontifes (pontifex, en latin) c’est celui qui relie, qui fait le lien entre le sacré et la société, réunit, construit une communauté, une assemblée, une cité, et par extension une politique. C’est ainsi que Federico Mayor, directeur général de l’UNESCO, incitait à « jeter des ponts entre les idées, les savoirs et les énergies ». C’est cette dimension qui me fait dire à l’envi : « Vive les ponts !»

3. La séance publique du 6 mai

Compte rendu de Pierre Gauthier

Le Président ouvre la séance à 17 heures, et passe la parole au secrétaire général adjoint, Philippe Bon, qui présente, comme il est de coutume, l’actualité culturelle à Montauban, en signalant tout particulièrement les conférences de Charles Matharan à l’UTAM et celle de notre collègue Alain Visentini sur « Marc Aurèle » à l’Université Populaire.

Le Président rappelle ensuite que nous célébrons, aujourd'hui 6 mai, le trentième anniversaire de l'inauguration par François Mitterrand et la Reine Elizabeth II du tunnel sous la Manche. Puis il présente notre conférencier, Robert Verheuge, qui doit traiter un sujet vaste et très important puisqu’il s’agit d’« une ambition contrariée : la Cinquième République, des politiques culturelles aux loisirs de masse »

Nous avons la chance, dit Robert Verheuge, de vivre dans un pays où l’Etat a presque toujours été préoccupé de l’art et des choses de l’esprit, avec, depuis le XVIe siècle, une remarquable continuité, mais sans parvenir à hausser la culture au rang des aspirations fondamentales.

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Il y a politique culturelle quand les pouvoirs publics ont une vision globale de la place et du rôle de la culture dans la société, avec ses finalités, ses objectifs et ses moyens.

Le conférencier rappelle la définition particulièrement large de la culture qu’en a donnée l’UNESCO en 1982 (conférence de Mexico) : l’ensemble des traits distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social, englobant, outre l’art et les lettres, les modes de vie, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances.

Robert Verheuge n’ira pas si loin dans son approche de la culture, qui passe par le préalable de la citoyenneté. Il observe que c’est le plus souvent dans l’espace public que se construit et s’exprime la dimension esthétique de l’appartenance et de la sociabilité.

Il passe rapidement sur les approches totalitaires d’une politique culturelle qu’ont connues certains pays, avant de noter que nous sommes entrés dans le temps du prêt-à-porter artistique, de la concentration industrielle, de l’achat des produits culturels propres à une civilisation de masse où l’évènementiel recouvre et annexe le véritable culturel.

Nous sommes le pays de l’exception culturelle, concept qui relève du droit international, qui fonde des limitations au libre échange dans ce domaine en vue de soutenir et de promouvoir nos artistes, avec, par exemple, deux applications pratiques, bien connues, de ce concept, le prix unique du livre et le financement de la production cinématographique via le CNC.

Si l’on remonte aux origines de cette exception culturelle il faut évoquer l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, la création de l’Académie française et celle de la Comédie française, parmi les plus connus des très nombreux épisodes qui se succèdent tout au long de cinq siècles.

Après ces rappels rapides mais indispensables des concepts de base de notre politique culturelle, Robert Verheuge aborde la politique culturelle de la 5e République en distinguant, dans ses 66 ans, quatre périodes.

La première (1958-1969) voit une cohabitation du rêve gaullien de grandeur et des idées du Front Populaire. Elle est dominée par la figure d’André Malraux à qui de Gaulle apporte une « utopie globalisante ».

Le conférencier observe que ce ministère de la Culture, créé pour Malraux, ministère au périmètre du reste instable et aléatoire, a vu passer 26 ministres mais que seuls deux couples Président-Ministre ont su laisser une politique culturelle ambitieuse et fondatrice, De Gaulle et Malraux, puis Mitterrand et Jack Lang.

En 1961, le Conseil Supérieur du Plan officialisait » l’entrée de l’action culturelle dans le vocabulaire officiel : « ce qui vise à maintenir la culture vivante, la transmettre, la répandre, réduire les inégalités dans l’accès à l’art et aux choses de l’esprit »

Les Maisons de la Culture, ces nouvelles cathédrales, des équipements uniques au monde, sont créées, mais avec le risque de s’en tenir à un petit nombre de projets prestigieux.

Mais en même temps, le secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports, dirigé par l’alpiniste Maurice Herzog, accompagne la création d’équipements socio-culturels « qui poussent comme des champignons », financés par les collectivités locales et par l’Etat.

La France est donc quadrillée par de grandes institutions culturelles prestigieuses mais aussi par un réseau d’une toute autre nature, confié et dédié au social et à l’animation.

Au bilan immense d’André Malraux, ministre de 1959 à 1969, une multitude de grands chantiers ouverts que chacun a présents à l’esprit.

La seconde période, de 1969 à 1981, est marquée par des espoirs et des déceptions.

Sous Georges Pompidou est lancée la création du Centre National des Arts et de la Culture (Beaubourg) et la transformation de la gare d’Orsay.

Et la loi Toubon réaffirme le principe de l’exception culturelle.
La troisième, de 1981 à 1993, est celle de Jack Lang (Ministre de 1981 à 1993) mais aussi de François Mitterrand soi-même.

Le budget du ministère de la Culture est doublé, un programme très important de grands travaux est lancé. Le Ministre étend d'ailleurs son champ d’intervention à des domaines qui étaient considérés comme marginaux, comme les arts de la rue, le rap, la bande dessinée.

Il faut se souvenir aussi du lancement de la Fête de la Musique, une très grande réussite, et de la célébration du bicentenaire de la Révolution.

Le conférencier rappelle également que dans le domaine de la chanson la France est première au monde et cite trois manifestations ; le Printemps de Bourges, les Francofolies et Alors Chante.

Il est souvent reproché à Jack Lang une pratique « parisienne et salonarde », une culture de cour avec ses mœurs, ses travers et ses grimaces (Michel Schneider), le désintérêt pour l’éducation populaire, une dichotomie entre culture régalienne et culture de terrain mais il n’en est pas moins vrai que le ministère de la culture sous Jack Lang a favorisé, de façon très volontariste, invention et création.

Entre l’époque De Gaulle/Malraux et l’époque Mitterrand/Lang, on observe une grande continuité, accompagnée d’adaptations tenant compte des mutations de plus en plus rapides de la société.

Robert Verheuge voit dans la quatrième période, depuis 1995 jusqu’à aujourd’hui, le temps des paradoxes.

Certes on peut citer la création sous Jacques Chirac du Musée des Arts Premiers, et l’inauguration sous François Hollande du Mucem, de la Fondation Vuitton et de la Philarmonique de Paris, mais il note une rupture entre la gauche de gouvernement et la culture.

La France répond au défi lancé par l’incendie de Notre-Dame, et soutient financièrement les acteurs et institutions culturelles pendant le confinement et la pandémie, mais le Président de la République déclare qu’il n’y a plus de culture française mais des cultures de France.

Où en sommes-nous ?, demande Robert Verheuge dans sa conclusion.

Jamais il n’y a eu autant de moyens mis dans la culture que depuis le début de la cinquième République, et d’efforts pour la démocratiser.

10 à 20% des Français accèdent, dans la « sphère publique », au monde des idées et de l’art, et ce secteur dégage une valeur ajoutée de 46 Milliards d'€ alimentant le PIB.

Le bilan de ces 66 dernières années serait donc positif s’il n’y avait deux facteurs d’inquiétude :

-Le développement du numérique, accompagné par une inévitable dérégulation du marché cognitif, qui produit de façon massive ignorance, confusion et intolérance.
-L’Etat reste incapable de hausser la culture à la hauteur d’aspiration fondamentale, pire, il n’y a plus de grande ambition dans ce domaine.

Vivement appréciée par un public nombreux, cette conférence suscite de nombreux commentaires, et questions.

Au président qui regrette que l’Europe s’illustre plus par son marché que par sa richesse culturelle, tout en saluant la réussite de l’Euro monnaie unique, Robert Verheuge répond en citant le plein succès du programme Erasmus et en rappelant que Marseille fut un temps capitale européenne de la culture.

S’agissant de l’éducation populaire, à laquelle le conférencier comme le président sont très attachés, celui-ci cite le rapport Condorcet de 1792, qui en précise les objectifs et les contours : « Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges ; qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites. »

En définitive, cette politique ne peut se juger que sur le temps long, elle bénéficie d'une certaine continuité en profitant de la vitesse acquise.

3. Les rendez vous de l’Académie : 41ème émission CFM , enregistrée le 15 mai

Notre invité étant ce que l’on appelle dans un élogieux jargon « un voileux », c’est donc le mot voile qui fit « la fortune du mot ».
L’entretien avec l’invité Robert Verheuge a permis de découvrir un itinéraire en grande partie autodidacte, avec un cheminement au coeur de responsabilités importantes, que ce soit dans l’univers culturel – direction du centre de Saint Maximin – ou dans l’éducation populaire, comme délégué général de l’association Leo Lagrange. Mais aussi un appétit pour les échanges et dialogues humains intergénérationnels comme interculturels.

Anne Lasserre pour sa part avait choisi comme «illustre» Paul Buffa, humaniste qui fut à deux reprises président de notre Académie. Montmartre était le lieu célébré par notre invité. Et Maurice Petit lut le poème élu par Robert Verheuge, « Credo » de Lucien Jacques . Enfin, Robert d'Artois signala, comme « Livre du mois », l’Histoire des préjugés , insidieux qui se travestissent en « sagesse des nations » pour mieux duper (39 articles publiés sous la direction de Jeanne Guérout et Xavier Mauduit, éd . Les Arènes, janvier 2023).

4. La séance publique du 3 juin

C’est à l'occasion de la célébration des 700 ans de l’Académie des Jeux floraux, à laquelle il a participé comme plusieurs membres de notre Académie, que Jordi Passerat, «mainteneur des Jeux Floraux», nous entretiendrade leur histoire : « 1324-2024, les 700 ans des Jeux Floraux de Toulouse et la naissance du Gai Saber ». La plus ancienne Académie d’Europe a inventé les Jeux floraux pour sauvegarder l’héritage des troubadours et donner sa dignité à la langue d’Oc. Les manuscrits précieux des «Leys d’Amors» nous offrent ainsi la première grammaire d’une langue moderne et un traité de rhétorique pour apprendre à bien écrire en versifiant sur tous les thèmes du savoir. Cette véritable encyclopédie, écrite en occitan, révèle le rôle de capitale intellectuelle auquel aspirait la ville de Toulouse en cette fin du Moyen Age.

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5. Publications de l’Académie

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  • -  400ème anniversaire du siège de Montauban (1621-2021) : 15 €.
  • -  Le Franc de Pompignan, Homme de Lettres et citoyen : 20 €.
  • -  Deux siècles d’histoire de l’Académie (1730-1930) : 20 €.
  • -  Le voyage de Languedoc et de Provence : 10 Euros.
  • -  L’Axe Garonne, la terre et les hommes : 10 €.
  • -  Du Tarn-et-Garonne aux Tranchées : nos poilus : 15 €.
  • -  Dictionnaire des Montalbanais, illustres, méconnus, oubliés : 25 €.
  • -  Pouvillon retrouvé : 20 €.

Participation aux frais d’envoi pour une commande : 6€. Ouvrages récents :

    • -  Le Handicap. La frontière ( ?) entre le normal et le pathologique. Colloque. J-L Nespoulous (ed.) : 15 euros
    • -  Qui êtes-vous réellement cher Blaise Pascal ? : 10 euros

Règlement, par chèque uniquement, à l’ordre de l’Académie de Montauban. Le détail de nos publications est en ligne sur le site internet de l’Académie de

Montauban : http://www.academiemontauban.fr/publications/ouvragescollectifs

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Responsable de la lettre électronique de l’Académie : Robert d’Artois

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   Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Montauban

Avril 2024

N°74

Sommaire:

1. Le mot du Président : p. 2

2. La séance publique du 8 avril : p. 3-6

3. CFM : les rendez-vous de l’Académie. 40ème édition, enregistrée le 15       avril : p. 6

4. La séance publique du lundi 6 mai : p. 7

5. Les publications de l’Académie : p. 8

  

Le mot du Président

Voyager...

 

D'après Homère, le périple du retour d'Ulysse vers Ithaque fut difficile, éprouvant, surprenant, semé d'embûches…Cette Odyssée est une mémorable épopée ! Pourtant  le sonnet de Du Bellay Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage… suggère l'enrichissement que le héros, comme « celui qui conquit la toison » a retiré de cette aventure. Préfiguration de la banale assertion « les voyages forment la jeunesse » ! Bien que toujours actuelle, cette affirmation n'est pas exclusive : toutes les classes d’âge ont perçu l’intérêt, le plaisir du voyage et  s’y adonnent sous des formes multiples et variées… Voyages  ou  simples déplacements ?

Voyager  réellement c’est rencontrer, découvrir, admirer, partager, échanger, ouvrir les yeux, les sens,  les  appétits, les goûts… C’est évidemment dans cet esprit que les voyageurs du XIXème siècle faisaient « le tour »  des capitales et villes célèbres de l’Europe, ce qui donnera le mot « touriste »…  On n’en était pas aux excès que nous connaissons : le « surtourisme » dont certaines villes, voire certains pays commencent à se protéger, pour ne rien dire de l'affligeante expression, devenue leitmotiv : « j’ai  fait la Grèce, l’Italie etc … »

Il importe à l'inverse de faire l’éloge  du  « vrai » voyage  comme  ouverture aux autres et au monde, même si l’on peut aussi voyager dans sa tête : « autour de [sa] chambre », selon Xavier de Maistre.

« A quoi te sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il te faut changer, non de climat » nous conseille Sénèque. Avec la belle saison qui vient voyageons donc l’esprit grand-ouvert.

Ce que préconisait  déjà Montaigne.  Marguerite Yourcenar pour sa part attribue à Hadrien dans ses  Mémoires  cette déception devant le faible nombre d’esprits voyageurs  :  « Peu d’hommes aiment longtemps le voyage, ce bris perpétuel de toutes les habitudes et cette secousse sans cesse donnée à tous les préjugés. 

 

2. La séance publique du 8 avril

Le Président ouvre la réunion à 15h, devant une assistance nombreuse, en passant la parole au Secrétaire Général qui donne, comme à l’habitude, le calendrier des manifestations culturelles du mois.

Celui-ci souligne en particulier le Salon du livre qui se tiendra le dimanche 28 avril au  foyer du Fort. Il signale aussi que l’Institut d’Etudes Occitanes célèbrera les 20 et 21 avril le 80e anniversaire de la mort d’Antonin Perbosc, avec une conférence de Norbert Sabatié.

Le Président indique aux membres associés, à jour de leur cotisation, qu’ils pourront retirer le recueil  des conférences 2023 à l’issue de cette séance.

Il salue  l’arrivée de l’impétrant : Pierre Desvergnes, accompagné par ses parrains, Anne Lasserre et Norbert Sabatié.

 

Ce dernier commence la présentation de notre nouveau membre titulaire par une interpellation : « apprendre vous motive » puis il évoque ses origines quercynoises, plus précisément de la région de Caylus, et son itinéraire professionnel qui l’amènera dans la Sarthe, puis aux Mureaux où il sera conseiller municipal, et en Normandie, où il passera une douzaine d’années, sur les traces d’Alphonse Allais auquel il a consacré une conférence qui a ravi notre Académie le 6 février 2023 (« le Pote Allais »). Il fréquente le comédien Jean-Marie Proslier.

Revenu dans notre région il y a une quinzaine d’années, il assume la présidence de la Compagnie des écrivains de Tarn et Garonne depuis 2019 et a créé il y a trois ans le Salon du livre (dont la prochaine édition, signalée en début de réunion, accueillera Mme Julie Gayet).

« Vous êtes – conclut N. Sabatié -  un pince sans rire au grand cœur et nous vous accueillons pour le meilleur et pour le rire ».

Pierran Desvergnes remercie l’Académie pour son accueil, en particulier ses parrains (et marraine, Anne Lasserre est « plus qu’une fleur, un bouquet ») et fait l’éloge de son prédécesseur au 24e fauteuil, le Docteur Philippe Rollin.

Ce dernier, né à Montauban en 1924, père de cinq enfants, fixé Faubourg du Moustier, qualifié en pédiatrie, fut élu dans notre Académie en 1994 au fauteuil de l’abbé de Vezins.

Il manifesta un goût prononcé pour les archives et nous représenta jusqu’en 2005 à la Conférence nationale des académies. 

L’impétrant remarque  en souriant qu’un « modeste infirmier » va siéger à la place d’un éminent médecin dans une compagnie dont une des raisons d’être est « l’encouragement au bien »

Sous le titre « Au pied de la lettre » il présente ensuite sa conférence sur les riches échanges épistolaires entre deux très fortes personnalités de notre paysage littéraire et artistique, Marcel Pagnol (1895-1974) et Jules Muraire dit Raimu (1883-1946), en toute  amitié et liberté : des propos que l’air du temps permettait et qui feraient sans doute  froncer les sourcils aujourd’hui…

Son exposé est alimenté par de nombreuses citations tirées des lettres que ces deux personnalités ont échangées entre 1929 et 1946, échanges marqués par de nombreuses « fâcheries » suivies de réconciliations entre deux hommes liés par une très forte amitié.

Le contenu de ces échanges, souvent très directs, a porté sur les rôles confiés à Raimu, sur aussi le montant de ses cachets, et beaucoup sur la distribution des rôles dans les pièces puis les films qu’ils ont montés ensemble.

Les lettres citées portent majoritairement sur la trilogie Marius-Fanny-César mais aussi beaucoup sur  La Femme du Boulanger. D’autres œuvres sont mentionnées comme Le  Schpountz , Topaze   et  La Fille du Puisatier .

C’est au théâtre Marigny qu’est née en 1929, avec de premiers échanges déjà savoureux, « une amitié pleine de coups de gueule, de rires, de fâcheries et surtout des plus belles pages du cinéma français »

Pagnol, encore inconnu, propose à Raimu de jouer dans Marius mais ce dernier veut jouer le rôle de César et non celui de Panisse, ce qui conduit l’auteur à remanier sa pièce.

« On se dispute » ensuite sur l’accent des acteurs (« je cherche à défendre ta pièce et à me défendre moi ») mais finalement Pagnol impose Pierre Fresnay.

Enfin, Raimu fait un coup de force et rétablit la fameuse scène de la partie de cartes que Pagnol avait enlevée, à la suite de quoi Pagnol écrira sur la tapisserie de la loge de Raimu : « Raimu est un génie ».

« Avec Marius – lui écrit ce dernier- tu as écrit la grande comédie du père et du fils, de l’amour paternel et de l’amour filial »

« On se dispute » lorsque Pagnol veut porter   Fanny   au cinéma « parlant » : « au cinématographe, écrit Raimu, tout est mort, c’est définitif… sans aucune place pour l’amour du public »

Le troisième volet de la trilogie est porté directement à l’écran, et Raimu veut négocier son cachet à la hausse : dans la négociation, Pagnol utilise un subterfuge en laissant croire à Raimu que le film commence par l’enterrement de César...

Il a fallu convaincre Raimu de jouer dans La Femme du Boulanger : « ce sera un travail de joueurs de boule et d’avaleurs d’apéritif » écrit-il à Pagnol qui lui répond : « mon cher Jules, je te considère comme le premier ou le dernier des imbéciles, cette fois je te le dis, c’est fini… »

« On se dispute » beaucoup sur la distribution, ce qui conduit Pagnol à écrire : « je n’ai jamais eu le moindre désir de t’emmerder, même quand tu es emmerdant, ce qui t’arrive quelques fois… »

Dans ce film, les conseils de Raimu tant sur la distribution que sur le tournage sont insistants, ce qui montre bien son haut degré d’implication.

Il écrit à Pagnol : « avec le rôle dans La Femme du Boulanger , tu m’as fait un beau cadeau »

Sur Le Schpountz, « tu ne pouvais pas me faire plus plaisir en me faisant comprendre que toi aussi tu avais ri en regardant Le Schpountz ». (Pagnol)

« Avec toutes tes lettres, tu vas bientôt faire la pige, écrit Pagnol, à Madame de Sévigné, ceci n’est pas un reproche…je lis les belles à tout le monde » mais il écrit aussi : « tu n’as aucun bon sens »

Dans une autre lettre, Pagnol écrit à Raimu : « si tu fais un navet de plus j’aurai la consolation de n’y être pour rien, sur ce, bien affectueusement à toi »

La réplique de Raimu est de la même eau : « mon cher Marcel, je reçois ta lettre sur mon lit car je suis couché avec 80 ventouses, et avec toi ça fait 81…tu es un emmerdeur génial mais un emmerdeur...tu es un auteur de génie mais un très mauvais metteur en scène ».

La Comédie-Française propose à Raimu de l’engager pour jouer dans  Le Bourgeois gentilhomme   : il l’écrit à Pagnol qui lui répond en lui adressant ses condoléances.

Pagnol est présent à la clinique où Raimu doit subir une petite intervention chirurgicale, il le trouve se disputant avec l’infirmière car il veut goûter avant l’intervention une bouteille de whisky qu’on vient de lui offrir. Raimu va à pied au bloc opératoire, commande à son épouse un steck et des frites. Il ne se réveillera pas.

« Que Jules ne soit plus là me fait de la peine pas seulement parce que je l’aimais mais parce que je n’arrêtais pas de me disputer avec lui »…« Ton génie fait partie du patrimoine de la France ».(Marcel Pagnol) 

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(Compte rendu réalisé par notre confrère Pierre Gauthier).

3. CFM les rendez-vous de l’Académie 40ème émission, enregistrée le 15 avril

Entretien avec l’invité Pierre Marillaud, un itinéraire républicain…

Ainsi que les chroniques  habituelles :

« A la fortune du mot » : Intervenir
L’illustre par Anne Lasserre : Louis Cahusac : aimer à la folie !
Le livre par Maurice Petit : Laure Murat, Proust, roman familial  : comment la lecture de La Recherche » lui parle de sa famille
Le lieu choisi par notre invité : le port de la Rochelle

 Pour l’écouter  https://www.cfmradio.fr/pierre-marillaud

 

4. La séance publique du 6 mai

 

Ambitions à la baisse pour une politique culturelle initiée par André Malraux ? Une des questions posées par le conférencier Robert Verheuge…

La France se positionne comme le pays de « l’exception culturelle ». Qu’est-ce que cette expression recouvre réellement ?  Staline disait à Ramadier et à Churchill que le pouvoir ne se mesure qu’au nombre de divisions blindées. Napoléon, au contraire, a rédigé les statuts de la Comédie-Française pendant l’incendie de Moscou, parce qu’il avait évalué le pouvoir de ce qu'André Malraux appelait « les choses de l’esprit ». La Cinquième République conduit depuis 66 années une politique culturelle volontariste. Mais on peut regretter qu’elle n’ait pas articulé éducation populaire et action culturelle.

Nonobstant ce manque, la Cinquième République a conduit avec une étonnante continuité une politique culturelle que lui envient les nations démocratiques. Elle a pris appui sur des décisions, des textes fondateurs, dont certains remontent à la Monarchie et à l’Empire. Il est passionnant de découvrir ou redécouvrir la longue histoire  du développement culturel. 

Cette politique culturelle est maintenant contrariée par une tendance à l’industrialisation, à la mercantilisation et par le développement des industries du numérique, avec les conséquences que l’on sait sur nos esprits et nos démocraties.

Le conférencier, à partir de son parcours professionnel dans le monde de l’éducation populaire et celui de l’action culturelle, a pensé qu’il était temps de faire le point et de poser la question : « où allons-nous ? »

5. Publications de l’Académie

 

Bon de commande

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  • 400ème anniversaire du siège de Montauban (1621-2021) : 15 €.
  • Le Franc de Pompignan, Homme de Lettres et citoyen : 20 €.
  • Deux siècles d’histoire de l’Académie (1730-1930) : 20 €.
  • Le voyage de Languedoc et de Provence : 10 Euros.
  • L’Axe Garonne, la terre et les hommes : 10 €.
  • Du Tarn-et-Garonne aux Tranchées : nos poilus : 15 €.

-     Dictionnaire des Montalbanais, illustres, méconnus, oubliés : 25 €.

  • Pouvillon retrouvé : 20 €.

Participation aux frais d’envoi pour une commande : 6€.

Ouvrages récents :

  • Le Handicap. La frontière ( ?) entre le normal et le pathologique. Colloque. J-L Nespoulous (ed.) : 15 euros
  • Qui êtes-vous réellement cher Blaise Pascal ? : 10 euros

Règlement, par chèque uniquement, à l’ordre de l’Académie de Montauban.

Le détail de nos publications est en ligne sur le site internet de l’Académie de

Montauban : http://www.academiemontauban.fr/publications/ouvragescollectifs

Responsable de la lettre électronique de l’Académie :

                                                                              Robert d’Artois

Mise en page :

Jean-Luc Nespoulous

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               Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Montauban

Mars 2024

N°73

LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

 

 

Sommaire:

1.Le mot du Président : p. 2

2.L’émission radiophonique des Rendez-vous de l’Académie  : p. 2

3. La séance publique du 4 mars p.3-7

4. La séance publique du lundi 8 avril : p. 7-8

5. Les publications de l’Académie : p. 9

 

Le mot du Président

 

L’échange

C’est un mot qui, depuis plus de six mois, résonne dans l’actualité : on ne parle que d’échanges d’otages… Pour ma part je préfère les échanges culturels ou sportifs, les échanges d’œuvres d’art, de savoirs, de savoir-faire, de civilités ; pourquoi pas de  recettes de cuisine…

Sans doute l’échange a-t-il  été précédé dans les sociétés primitives par le troc, mot parfois mal connoté  de nos jours… Il n’empêche qu’il est vraisemblablement  l’élan qui préside à la naissance des sociétés, et sous-entend le respect d’une égalité.

Sans doute aussi a-t-il généré les premières formes du calcul et de l’écriture pour mémoriser et consigner les tenants et aboutissants des échanges, prémices de l’économie.

Malheureusement on peut aussi échanger des coups, des horions, à éviter…Mais échanger c’est surtout discuter, argumenter, confronter des points de vue, des opinions, ce qui maintient la vivacité intellectuelle et la liberté de penser, exalte et développe les richesses humaines.  « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » rappelait Saint-Exupéry .

« Un homme seul est en mauvaise compagnie » disait Paul Valéry...L’échange manifeste un refus de l’isolement,  le besoin d’échanges assumé  évite de s’enfoncer dans une solitude faussement confortable. Il nous épargne aussi  l’adhésion aveugle aux idées reçues et  « libère la syntaxe et évite l’ankylose de la logique » (G. Bachelard).

Alors persistons à échanger ! C‘est bon  pour les sociétés humaines et pour le monde dont nous sommes  les citoyens.

 

2. Les « rendez vous de l’Académie » CFM 39ème émission

L’invité du jour était le président de l’association Alphonse Jourdain, l’architecte Gérard Marre, aussi président de Relience. C’est pourquoi la « fortune du mot »  a exploré les  diversités du mot “pluriel”. Le lieu que l’invité  a choisi de faire découvrir : le cirque de Parragi dans le massif des Cinque-Terre en Italie. Le livre du mois : le Tacite  de Xavier Darcos et l’illustre du mois : Edouard Raynaud. Pour écouter cet enregistrement  : https://www.cfm        radio.fr/gerard-marre

 

3. La séance publique du 4 Mars

L’Académicienne Anne Lasserre, qui a les Pyrénées chevillées au cœur, nous a expliqué comment, au fil des temps, ce massif a été apprécié.

 

 

Soit longtemps ignorées, soit objet de différents imaginaires, les Pyrénées sont maintenant fréquentées de diverses manières par des populations dont les centres d’intérêt sont disparates  mais qui en fait sont des reflets de cette évolution et permettent d’en retracer les temps forts.

Ces montagnes furent d'abord perçues comme inhospitalières. En témoigne le fondateur de notre Académie, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan  après sa visite à Barèges  qu’il cherche à chasser de sa mémoire  « Disparaissez, objets affreux,/ Torrents dont les fougueux écarts/ Se percent des routes bruyantes/ De cascades effrayantes./ Ne fatiguez plus mes regards. »

Elles ont la double peine d’être perçues comme repaire  du diable, des sorcières, puis des contrebandiers et des brigands...

Toute méconnaissance entraîne ainsi des fantasmes, des légendes, génératrices d’erreurs et de faussetés.

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Sciences et santé.

 

Mais des paysages aussi grandioses ne peuvent que susciter intérêt et envie de découverte… Voilà pourquoi la première approche se voudra scientifique, car c’est l’amour de la science  qui incite à affronter ces terres inconnues, pleines de dangers... Elles seront l’objet de nombreux rapports et d’ouvrages scientifiques dès le XVIIIe  siècle. Le plus connu est sans doute  les Observations faites dans les Pyrénées   de  Ramond de Carbonnières, secrétaire du  maréchal de Rohan qu’ il a suivi dans son  exil à Barèges….

S’y ajoutent les eaux thermales  déjà fréquentées par Jules César, puis  plus tard par Marguerite de Valois,  Catherine de Médicis, Rabelais…Madame de Maintenon amène le duc du Maine en cure à Barèges…

Mais si ces « curistes »  ne vont pas bien loin de leur lieu de cure, d’autres s’aventurent,  faisant quelques courses à cheval ou en chaise à porteurs.

Une destination branchée.

Ils découvrent quelques paysages saisissants qui vont générer une vision romantique, ainsi que les prémices d’un tourisme…, une nouvelle façon de se déplacer qui consiste à voyager pour le plaisir de la découverte et à publier son récit de voyage.

Au XIXe  siècle, les Pyrénées seront fréquentées par Chateaubriand, Rossini, Hugo, David d’Angers…  Puis Baudelaire, Flaubert, Viollet le Duc se verront offrir un séjour dans les Pyrénées pour les récompenser de leur succès au baccalauréat. Bagnères de Bigorre  sera considérée comme le lieu de France où l’on s’amuse le plus… On va dans les Pyrénées pour se montrer, se distraire, faire la fête…  On découvre les sites : Gavarnie, Cauterets et le lac de Gaube deviennent des incontournables… « il est enjoint à tout être vivant et pouvant monter un cheval, un mulet, un quadrupède quelconque de visiter Gavarnie…Les dames et les convalescents  s’y font conduire en chaise à porteurs »,  indique Hippolyte Taine dans  le guide touristique  dont il est le rédacteur…

Les voyageurs romantiques demandent à ces montagnes  de leur renvoyer l’image d’un paradis perdu et retrouvé au fin fond de la France,  comme l’Arcadie des poètes….

« Bénissez, ô bergers, votre humble destinée,/ Contents de vos vallons, heureux dans vos hameaux,/ Puissiez-vous des cités ignorer les fléaux,/ Cent fois plus dangereux pour vos douces retraites/ Que ces rocs menaçants suspendus sur vos têtes. »

En revanche, ce type de tourisme ne s’intéresse guère à la population locale, sa pauvreté et ses difficultés à vivre. En plein déni de la réalité, les voyageurs romantiques se contentent de parcourir ces vallées qu’ils qualifient d’heureuses car loin de la société porteuse de bien des maux.

Ce ne sera qu’avec les conquérants des cimes que le regard va changer…

Des sports ?  Oui, jusqu’à l’excès…

 

Parmi les premiers de ces conquérants, il faut noter le comte Henry Russell-Killough, irlandais par son père et gersois par sa mère. Après avoir arpenté l’Amérique du sud, la Mongolie, la Chine et le Népal, il   loue  pour 99 ans le massif du Vignemale, gravit des monts  encore  sans nom, notamment  celui qu’il baptise  Marboré… Après plusieurs  ascensions-découvertes, il s’étonne : « N’est-il pas singulier qu’il y ait encore à 8 heures de Cauterets, toute une région de neiges éternelles moins connues que l’Afrique ou la Lune ? »

Le pyrénéisme  en est à ses premiers balbutiements. Un genre littéraire nouveau voit le jour : le récit d’ascension. Les courses  se multiplient, rendant la montagne  moins mystérieuse, plus familière. On narre cela avec un style spécifique, proche des récits de marins explorateurs et découvreurs, à l’instar de Christophe Colomb. Mais aussi avec l’allégorie de la montagne, perçue comme une belle à conquérir.

Si l’on persiste à penser que les montagnes agissent sur le caractère, c’est dans une dimension quasi philosophique : elles seraient une école,  feraient aimer le bien et obligeraient à donner le meilleur de soi-même.

 Les deux guerres  consacrent leur dimension de frontière, mais très rapidement, à l’issue de la deuxième, après les trois glorieuses et par la naissance de la civilisation  des loisirs, ce sont toutes sortes de disciplines  sportives qui s’y développent.

De nos jours ces montagnes sont devenues une immense aire de jeux multiples et divers : parapente, rafting, canyoning, escalades de pitons mais aussi de cascades gelées. Le ski y est pratiqué dans 34 stations, y compris le ski tracté à cheval (ski-joering) ou à vtt…

Et n’oublions pas qu’elles sont  depuis  1903  le théâtre des exploits et légendes  du Tour de France cycliste, avec une affluence extraordinaire de spectateurs pour cette rare épreuve sportive gratuite.

En outre le cirque de Gavarnie, déjà comparé à un gigantesque amphithéâtre au XVIIIe siècle, est devenu depuis 1985, sous l’impulsion de François Joxe, une immense scène de spectacle sur laquelle ont été déjà représentés Dieu,  Orphée et Eurydice, Roméo et Juliette,  Le Songe d’une nuit d’été, Le Cid

En conclusion, nous pouvons dire que le pyrénéisme est un phénomène relativement récent dont l’avènement a été longuement préparé. Les traces de l’évolution du sentiment de la montagne se trouvent inscrites dans les nombreux ouvrages consacrés aux Pyrénées depuis la fin du XVIIIe siècle, mémoires scientifiques, récits de voyage, récits d’ascension, guides touristiques,  recueils poétiques et  certains romans, comme Cinq-Mars  d’Alfred de Vigny. Leur lecture montre à quel point notre  regard est circonscrit par la société et l’époque dans laquelle nous vivons.

En fin de conférence, Anne Lasserre termine par un clin d’œil reliant Montauban aux Pyrénées : dans la revue illustrée Le Quercy,  du 1er novembre 1892, l’avocat, peintre et cartographe Paul-Edouard Wallon, né en 1821 à Montauban, signe l’article  « Le Quercy et les Pyrénées »,  concluant : « Entre le Quercy, le Rouergue et les Pyrénées, il existe un lien tout à fait direct. » La conférencière estime qu’il n’est pas étonnant de compter, parmi les premiers dessinateurs de panoramas, Emilien Frossard, qui a fait ses études de théologie à Montauban. Il est à l’origine de la création  de l’observatoire du Pic du Midi. Son père, Benjamin Frossard, fut, en 1809, un des membres fondateurs de la Société des Sciences, Agriculture et Belles Lettres de Tarn-et-Garonne, qui deviendra l’Académie de Montauban.

4. La séance publique du 8 avril

 

Ce sera une séance de réception, celle de Pierre Desvergnes par Norbert Sabatié. Le nouvel académicien  lui répondra et fera l’éloge de son prédécesseur, le docteur Philippe Rollin. Sa conférence, « Au pied de la lettre », nous dévoilera la correspondance entre Marcel Pagnol et Raimu : durant 16 années, Marcel Pagnol et Jules Raimu se sont écrit. Leurs écrits épistolaires nous font rencontrer deux personnalités cocasses et différentes, mais liées par une amitié authentique. La mauvaise foi, les engueulades, l’ironie, la complicité, la tendresse, l’humanité, l’admiration qu’ils se portent apparaissent dans leurs écrits, et tout cela se dévore sur un fond de décor de Provence : le Sud !

Le contenu de leurs lettres nous ramène au théâtre et au cinéma de leur époque et fait rejaillir chez certains des souvenirs de moments fabuleux,  pour d’autres ce sera la découverte d’un auteur avec un grand A et d’un interprète avec un grand I,  loin d’un art m’as-tu vu et commercial. Le respect des textes et du public était leur préoccupation première.

La lecture de leur correspondance fera passer un moment d’intimité avec ces monstres sacrés et nous n’en sortirons pas indemnes, en compagnie de César, Marius, Fanny, la femme du boulanger et tant d’autres œuvres de Marcel servies par Jules.

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L’union de ces deux immenses talents explose de bonheur pour un bouquet final salué par nos rires, notre respect, notre émotion et une soudaine envie de vivre.

Enfin les deux compères nous disent : la vérité, rien que la vérité…

Marcel Pagnol  (1895-1974),

Jules Muraire dit Raimu (1883-1946).

 

5. Publications de l’Académie

 

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  • 400ème anniversaire du siège de Montauban (1621-2021) : 15 €.
  • Le Franc de Pompignan, Homme de Lettres et citoyen : 20 €.
  • Deux siècles d’histoire de l’Académie (1730-1930) : 20 €.
  • Le voyage de Languedoc et de Provence : 10 Euros.
  • L’Axe Garonne, la terre et les hommes : 10 €.
  • Du Tarn-et-Garonne aux Tranchées : nos poilus : 15 €.
  • Dictionnaire des Montalbanais, illustres, méconnus, oubliés : 25 €.
  • Pouvillon retrouvé : 20 €.

Participation aux frais d’envoi pour une commande : 6€.

Ouvrages récents :

  • Le Handicap. La frontière ( ?) entre le normal et le pathologique. Colloque. J-L Nespoulous (ed.) : 15 euros
  • Qui êtes-vous réellement cher Blaise Pascal ? : 10 euros

Règlement, par chèque uniquement, à l’ordre de l’Académie de Montauban.

Le détail de nos publications est en ligne sur le site internet de l’Académie de

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Responsable de la lettre électronique de l’Académie :

                                                                              Robert d’Artois

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                 Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Montauban

 

Février 2024 - N°72

LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

 

Sommaire:

 1. Le mot du Président : p. 1-2

 2 . La séance publique du 5 février p.3-5

 3. L’émission radiophonique des Rendez-vous de l’Académie  : p. 6

 4. La séance publique du 4mars.p. 6-7.

 

1. Le mot du Président

Retrouver les plaisirs  de  la conversation…

Chaque jour qui passe nous  apporte, via tous  les médias,  son lot d’invectives, de jugements à l’emporte-pièce, de condamnations immédiates sans analyse ni respect.

Certains en oublient que l'homme est, par essence, « un animal politique », comme le rappelait Aristote, c’est-à-dire  un être social et sociable, dimension  prônée  par l’expression imagée   dont on abuse parfois : « faire société »…

L’échange s’avère,  par le biais du langage, être  le nœud  de la vie sociale ; sans doute d’abord troc puis échange économique, enfin  d’informations,  de sensations, de peines, de joies aussi que l’on incite à partager, puis vraisemblablement de points de vue qui, mieux charpentés, deviendront des idées. 

Prendre le temps de la conversation, c’est à la fois lutter contre l’immédiateté qui nous harcelle en permanence, c’est préserver l’échange,  sous-tendu par un principe d’égalité autant que par le respect de la diversité. 

D’ailleurs le mot converser, d'après son origine latine, veut dire : vivre avec, et n'a pas d'autre signification jusqu'au seizième siècle. Conversation, qui en est le substantif, n’est longtemps employé qu'avec le sens d'action de vivre avec. Puis, tout à coup, le dix-septième siècle, fort enclin aux néologismes de signification, le limite à l’action d’échanger des propos… 

Mallarmé disait « parler n’a trait à la réalité des choses que commercialement », faisant écho à l’expression  « [commerce des hommes qui permet de] frotter et limer sa cervelle à celle des autres » que préconisait  Montaigne…

Retrouvons donc le plaisir de prendre du temps pour converser, dialoguer, échanger, bref continuer et même persister à vivre ensemble….

2. La séance publique du 5 février

(Compte rendu de Pierre Gauthier)

Le Président ouvre la séance à 17 heures, en passant la parole au Secrétaire Général qui donne, comme il est de tradition, la liste des manifestations culturelles devant se tenir à Montauban dans les prochaines semaines. On notera aussi des activités culturelles proposées à Verdun-sur-Garonne et à Caussade.

Le Président rappelle que le 6 février verra le 90e anniversaire des événements séditieux de 1934. Puis il introduit la conférence, en soulignant combien le secrétaire général de l’Académie, Jean-Marc Detailleur, qui doit la présenter, est un  amoureux des livres.

Celui-ci a choisi de parler d'un homme important, dont la trajectoire est méconnue, dans une période qui intéresse peu nos contemporains, une période toute entière tournée vers la recherche des moyens de finir une Révolution.

Alors, Elie Decazes, Rastignac ou Alcibiade ? Nous verrons bien en suivant le récit passionnant en même temps que très dense de notre collègue, qui  présente l’histoire assez extraordinaire d’un ambitieux, séducteur, servi par la chance, et focalise sur la période 1815-1820, où cet homme des lumières, d’équilibre, ce libéral, tient, contre vents et marées, contre la haine des ultras, un rôle déterminant dans la conduite des affaires du pays.

Il est né le 28 septembre 1780, dans la région de Libourne, en Gironde, dans une famille de bourgeoisie de robe. Son père, emprisonné sous la Terreur n’en restait pas moins favorable à la tendance dure des républicains. Lui fait de solides études chez les Oratoriens et s’installe comme avocat à Libourne.

Il ne tarde pas à monter à Paris (comme Rastignac) où il occupe peu de temps un emploi modeste avant de faire un certain nombre de rencontres déterminantes où sa capacité de séduction a certainement joué : il « croise » un avocat bordelais, Jaubert, futur directeur de la Banque de France, et Honoré Muraire, avocat lui aussi, personnage important du Consulat, qui participe à la rédaction du Code Civil et sera Premier Président de la Cour de Cassation.

Il exerce des fonctions importantes dans la franc-maçonnerie renaissante, et les exercera jusqu’au bout.

En 1805 il épouse Elizabeth Fortunée, l'une des filles de Muraire. Elle meurt de la tuberculose deux ans plus tard.

Il sympathise à Cauterets avec Hortense de Beauharnais, qui est alors Reine de Hollande, et avec son mari auquel il restera très attaché.

Ses fonctions de magistrat (il présidera avec brio des cours d’Assises) ne l’empêchent pas de servir Pauline Bonaparte, d’assurer vers 1811 une revue de presse pour « Madame Mère ».

Il fréquente le salon de Geneviève de Rigny, on le voit avec la duchesse d’Abrantès. C’est Rastignac…

 

 Dès son début il fait allégeance à la Restauration, refuse de prêter serment à Napoléon pendant les 100 jours, rencontre le baron Louis et Talleyrand qui le nomme préfet de police.
Ambitieux et charmeur, c’est aussi un bon administrateur, doté d’une grande capacité de travail.

Il séduit Louis XVIII qui l’appelle son cher fils, ils échangent 2000 lettres, le roi le voit tous les jours, il va même jusqu’à le marier à une noble héritière beaucoup plus jeune que lui.
Elie Decazes est élu député de la Seine en 1815. Il est entre 1815 et 1818 ministre de la Police du gouvernement Richelieu.

Il dirige un grand ministère de l’Intérieur (qui recouvre plusieurs de nos départements actuels), dans le cabinet du Général Dessoles (ndlr : né à Auch en 1767).

Nommé chef du gouvernement fin 1819, il le reste fort peu : victime indirecte de l’assassinat du Duc de Berry, il en est tenu pour responsable par les ultras qui conduisent contre lui une campagne haineuse (à laquelle prend part Chateaubriand). La chance l’a vraiment abandonné et il est plus que jamais dans une fonction de bouc émissaire. Louis XVIII le nomme ambassadeur à Londres, où il ne reste qu’un an, en raison des problèmes de santé de son épouse qui ne supporte pas le climat.
Il revient alors à Libourne et ne reverra plus Louis XVIII, mort en 1824.

Il refusera plusieurs postes  sous Charles X, mais il siège à la Chambre des Pairs, dont il est Grand Référendaire, et logé à ce titre au Palais du Luxembourg, qu’il devra quitter lors de la révolution de 1848.

Il prend alors en location l’appartement de la rue Jacob où il mourra le 24 octobre 1860 (de sa « belle mort » et non assassiné comme Alcibiade).

Tout au long de cette carrière politique que le conférencier nous narre de façon très claire et très complète, Elie Decazes a affiché des convictions dont il ne s’est jamais départi : c’est un homme des Lumières, un libéral raisonné, un homme d’équilibre qui a vécu dans ses fonctions ministérielles, et à l’évidence favorisé, la naissance du Parlementarisme en France. Pour lui la raison est la seule source de légitimité du pouvoir.

Le pays où il a exercé ses fonctions ministérielles était en 1815 dans une situation difficile et pour le moins troublée : occupation étrangère, indemnité lourde à payer aux Alliés, terreur blanche, impopularité du Roi Louis XVIII dont l’accession au trône n’allait pas de soi, élection d’une « Chambre Introuvable » dont les positions extrémistes veulent réduire les prérogatives du roi .

La Charte de 1815 était, en effet, un texte de compromis, le moyen de finir une révolution, essayant de concilier droit divin et souveraineté populaire, garantissant la propriété des biens nationaux, la liberté de culte, maintenant le concordat de 1801.

Fait Comte en 1816, Decazes pousse à la dissolution de la « Chambre Introuvable ».

En politique étrangère, il fut défavorable aux expéditions en Espagne et en Algérie.

Les trente dernières années de sa vie, Decazes les passa dans un certain retrait de la vie politique. Fondant   non sans difficultés Decazeville, la ville qui porte son nom, alors même qu’en cette période de décollage industriel, la France se trouvait déjà à plusieurs longueurs derrière l’Angleterre.

Alors, Rastignac ou Alcibiade ? Notre collègue se garde bien de trancher. Elie Decazes, homme politique brillant, ne fut en rien un militaire et ne mourut pas assassiné par les ultras, à la différence d’Alcibiade. Le conférencier ne pousse pas la comparaison avec ce dernier. On peut en revanche se demander si la carrière d'Elie Decazes ne peut être rapprochée de celle  d’Adolphe Thiers….

Le Président remercie le conférencier pour cette communication très riche, présentée devant une assistance nombreuse.

Il signale la sortie des actes de notre colloque de septembre 2022 sur le Handicap, annonce la  conférence d’Anne Lasserre le lundi 4 mars, au cours de laquelle les Pyrénées nous apprendront comment nos regards sur les paysages ont évolué, ainsi que la conférence « aux risques de la liberté » qui sera présentée par l’Académie dans le cadre des journées Olympe de Gouges, le 11 mars à l’heure habituelle.

La séance est levée à 18h15.

   

3. Les rendez vous de l’Académie

Notre confrère Yves Ripoll, par ailleurs président de l’association Miguel de Cervantes, a été  l’invité de la 38ème émission.  En l’honneur du « Chevalier  à la triste figure » « à la fortune du mot » a décliné les multiples facettes du mot  “figure”.

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L’entretien  a permis d’éclairer l'itinéraire peu commun et riche d'expériences d'Yves Ripoll, empreint d'humanité et d'humanisme.

 Maurice Petit nous a incités à découvrir en Dordogne le château de Richemont et l'Abbaye de Boschaud, et Anne Lasserre nous a permis de mieux connaître  Jacques Antoine de Molières, l'un de nos « illustres » prédécesseurs.

 

 

4. La séance publique du 4 mars

C’est notre consoeur Anne Lasserre par sa conférence : « L’évolution du regard porté sur un paysage, un exemple : les Pyrénées » qui  analysera l'approche de notre environnement naturel, les sites dont nous faisons des paysages.

 

 

Les grilles de lecture d’un paysage varient selon les époques et au gré des relations que nous entretenons avec notre environnement. C’est ainsi que des lieux peuvent devenir un miroir des mentalités, comme le montrent les différents regards portés sur les Pyrénées depuis le XVIIIe siècle.

La vision que nous  avons de ces montagnes, et qui nous paraît tout à fait naturelle,  est pourtant relativement récente. Aujourd’hui, nous les arpentons, nous les gravissons, les escaladons, les franchissons, nous nous mesurons à elles,  en hiver comme en été.  Les randonnées, le ski, l’escalade, le vol à voile… sont à l’honneur.

Or, il n’en fut pas toujours ainsi.

Il a fallu d’abord longuement apprivoiser les Pyrénées qui, aux XVIIIe et XIXe siècles, apparaissaient encore comme des lieux effrayants.  Non seulement elles étaient  le domaine des  sorcières, le repaire des brigands et des contrebandiers, mais elles menaçaient de s’effondrer sur ceux qui osaient s’y aventurer. 

La perception actuelle est le résultat d’une lente évolution du regard porté sur les Pyrénées.

La première approche fut scientifique. 

Il fallait être animés par l’amour de la science, être géodésiens, géologues, minéralogistes, botanistes,  pour oser les affronter.  Sous l’influence du Romantisme, le regard devient subjectif, esthétique. Les voyageurs parcourent les vallées à la recherche d’émotions fortes et de tableaux impressionnants. Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que le regard commence à s’élever vers les sommets et que s’impose peu à peu la conquête des cimes.

Aujourd’hui, les Pyrénées semblent être devenues une immense aire de jeux.

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LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

Janvier 2024 - N°71

Sommaire:

1- Le mot du Président : p. 1-2

2 - La séance publique du lundi 8 janvier 2024 : p. 2-7

3 - L’émission radiophonique des Rendez-vous de l’Académie  : p. 8

4 - La séance du 5 février 2024 : p. 8-9

5 - Les publications de l’Académie : p. 10

 

1. Le mot du Président

Tenter, tester certes, mais toujours transmettre !

Nous commençons une année qui entraine quelques changements dans nos cycles de conférences, puisque nous avons réservé  et unifié les 4 dernières conférences de l’année autour du thème de l’eau.

Cette expérience nouvelle s’inscrit dans la volonté qu’a l’Académie de  porter son intérêt sur  un élément  ressource de la planète. Cette exploration ne sera pas technique, elle cherche plutôt à creuser  la façon dont l’esprit humain l’a investi avec les représentations et  créations que cela a pu générer.

Dans la même perspective dynamique, c’est la langue française qui sera l’objet de nos analyses et réflexions au dernier trimestre de l’année 2025.

Ces conférences même si elles sont consultables  dans un délai assez court sur notre site ( academiemontauban.fr) seront intégrées au recueil annuel que nous éditons et dont nos membres associés bénéficient au même titre que les académiciens titulaires.

Ceci constitue le deuxième corrélat de notre mission de transmission par l’édition, avec la parution très prochaine des actes du colloque sur le handicap, ainsi que l’ensemble des conférences prononcées lors de  la journée Blaise Pascal.

2. La séance publique du 8 janvier

Le président ouvre la séance à 17 heures

Il demande d’observer une minute de silence à la mémoire de notre confrère Michel Suspène, récemment décédé à Verdun sur Garonne.

Il signale quelques anniversaires qui marqueront l’année 2024 : le 500e anniversaire de la naissance de Pierre de  Ronsard, le 300e de celle d’Emmanuel Kant, le 200e anniversaire de la mort de Théodore Géricault. Il y aura aussi 150 ans qu’un journaliste sarcastique a inventé le terme « impressionniste », 100 ans qu’André Breton a publié le Manifeste du Surréalisme, 50 ans que Marcel Pagnol nous a quittés.

Jean-Marc Detailleur, secrétaire général de l’Académie, signale les nombreuses manifestations culturelles qui se dérouleront à Montauban et dans le département .

La parole est ensuite au Docteur Daniel Donadio, Académicien, qui traite d’une aventure scientifique en perpétuelle évolution : l’histoire de la chimiothérapie.

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La quête des mots est essentielle pour comprendre leur origine et leur devenir, il faut aller chercher leurs racines dans l’Antiquité : Hippocrate décrit la formation de nombreux vaisseaux autour de la tumeur, évoquant les pattes d’un crabe : Karkinos, en grec donnera cancer. Galien, pour sa part évoque un œdème autour de la tumeur, une grosseur, Onkos, qui donnera le nom d’oncologie

Connu depuis l’Antiquité, le cancer, malgré sa diversité, a un fondement commun, la dégénérescence cellulaire : au lieu de croître normalement, de faire leur travail et de mourir selon un processus programmé, l’apostose, des cellules mutantes se multiplient trop vite, de façon anarchique et forment une tumeur dans un organe et parfois colonisent, par voie sanguine, un autre organe (métastase).

On est passé, face à ce phénomène, de l’alchimie à la chimie puis à la chimiothérapie. La chimie, « science qui étudie la constitution atomique et moléculaire des corps ainsi que leurs interactions » se développe à partir du XVIIe siècle sous ses différentes branches et conduit à l’apparition de la pharmacologie et à la création de l’industrie pharmaceutique.

Ce développement est accompagné par l’invention du microscope en Italie en 1625, il débouche sur l’histologie (histos, trame ou tissu en grec) et sur l’anatomie-pathologie, puis  par la radiologie, à partir de la découverte du rayon X par Wilhelm Röntgen en 1886.

Dans le langage courant, le terme de chimiothérapie est utilisé pour définir des traitements médicaux, surtout du cancer. « Mais l’antibiothérapie est une chimiothérapie antibactérienne, comme le traitement de la tuberculose. Après le cancer et les maladies infectieuses, le terme de chimiothérapie s’applique à la psychiatrie, aux maladies cardiovasculaires et récemment aux maladies auto-immunes », en fait à toutes les disciplines de la médecine moderne.

Comment agit-elle ?

Les drogues de la chimiothérapie bloquent la division cellulaire (mitose) au niveau de la molécule d’ADN et inhibent la multiplication et la croissance de la tumeur, mais ces drogues attaquent aussi les cellules saines de l’organisme, agressent certains organes et fragilisent notre système immunitaire.

Le conférencier rappelle les différentes modalités de chimiothérapie, qui sont des traitements personnalisés, à la carte. Il souligne, au terme de l’énoncé de ces définitions, qu’histoire de la médecine, cancer et chimiothérapie sont intimement liés.

Il entre alors dans cette histoire de la chimiothérapie, qui va « de la sagesse ancestrale aux promesses d’hier, d’aujourd’hui et de demain ».

L’étude des momies avec les techniques modernes d’imagerie révèle l’absence de tumeurs, hormis certains cancers du sein mais surtout la présence d’artériosclérose : le professeur Zimmerman écrit que « l’absence de tumeurs malignes chez les momies montre que les facteurs cancérigènes sont liés à l’industrialisation moderne ».

Avant d’ouvrir le livre des découvertes de la chimiothérapie, le conférencier rappelle l’itinéraire de quatre médecins illustres, Hippocrate, Galien, Paracelse et le savant allemand Paul Ehrlich qui découvre la première drogue chimique issue de l’arsenic. La chimie moderne naît avec le XXe siècle.

Paul Ehrlich (1854-1925), considéré comme le père de la chimiothérapie et qui reçoit le Prix Nobel en 1908, part de travaux sur la tuberculose et la syphilis et s’intéresse à l’arsenic. Il isole un composé de l’arsenic actif contre la syphilis, le « 606 » dont le succès est retentissant. « Pour la première fois des malades sont soignés non pas avec des plantes mais avec des molécules issues de la chimie ».

L’utilisation en 1917 de la première arme chimique, le gaz moutarde ou Ypérite conduit à de nouvelles découvertes : « le remède est parfois dans le poison ». On observe que ce gaz détruit les globules blancs : pourrait-il être utile pour détruire les cellules dans les cas des enfants atteints de leucémie aigüe ? « De cette réflexion va naitre la première vraie chimiothérapie anticancéreuse dans le cadre du programme secret de recherche américain sur les armes chimiques ».

Mais la réelle chimiothérapie anti cancéreuse est l’œuvre du pathologiste Sydney Farber, de l’Université de Harvard, qui a travaillé sur l’acide folique (vitamine B9) qui joue un rôle déterminant dans l’Adn et la multiplication cellulaire : il isole des substances « anti-folate » qui vont bloquer la multiplication des cellules cancéreuses, et leucémiques en particulier.

Dans les années 50, l’arsenal chimique est déjà bien fourni pour le traitement des hémopathies malignes.
« Depuis la deuxième guerre mondiale la médecine a bénéficié de l’unité de la pensée scientifique, rigoureuse, et de la continuité de son développement » ouvrant la voie à des molécules innovantes, aux résultats parfois inespérés.

Le conférencier souligne alors le rôle de l’État dans les investissements colossaux pour l’époque qui ont permis de construire un réseau de centres régionaux de lutte contre le cancer. La recherche fondamentale et la recherche appliquée y coexistent pour la meilleure prise en charge du patient.

L’essor de la chimie a permis d’isoler de nombreuses molécules à partir de produits toxiques comme le gaz moutarde ou l’arsenic mais aussi à partir de micro-organismes ou de plantes. Avec la culture des micro-organismes, français et italiens vont isoler la Daunorubicine connue sous le nom de cérubidine. L’étude de la fleur et des feuilles de la pervenche de Madagascar, permet de découvrir une nouvelle molécule : la vincristine connue sous le nom d’oncovin. Le cis-platine dans les années 80 est la dernière grande découverte qui va révolutionner le traitement de nombreux cancers, encore aujourd’hui.   Leurs effets secondaires sont responsables de complications souvent néfastes au patient, et des voix s’élèvent pour proposer d’autres médecines, une médecine s’appuyant sur les plantes et les minéraux encore présente en Inde et en Asie du sud-est, elle ambitionne souvent de prévenir la maladie.

Cette moisson de découvertes spectaculaires en chimiothérapie ne doit pas occulter d’autres découvertes retentissantes comme les rayons X en 1886 et la radiothérapie, la cortisone, les sulfamides, l’insuline… 

Survient alors, en 1953 la découverte par Crick et Watson de la structure « en double hélice » de l’ADN, qualifiée « de plus grande réussite scientifique de notre siècle » : la structure de l’ADN est une échelle torsadée dans laquelle les « barreaux » sont constitués de substances appelées base et les « montants »  sont fixés par de l’acide phosphorique et du glucose. D’innombrables pathologies  bénéficient de cette découverte pour comprendre les maladies  héréditaires, les maladies infectieuses, la cancérogénèse, et pour perfectionner de nombreux traitements.

Avec cette découverte majeure, la médecine fait « un pas de géant ». Le dépistage génétique, pour de nombreuses pathologies, est devenu un examen de routine.

Ensuite notre confrère évoque les cancers guéris par la chimiothérapie : « des histoires terribles qui se terminent plutôt bien ». Il cite le Pr Henri Pujol : « Aujourd’hui on ne soigne pas le cancer, on le traite et on peut le guérir »

Et il insiste sur la leucémie lymphoblastique de l’enfant où une triple démarche thérapeutique a permis de faire passer le taux de survie à 5 ans de 0,7% en 1947 à plus de 70% dans les années 1990.

Et sur la maladie de Hodgkin, décrite en 1932 par Sir Thomas Hodgkin qui constate chez six patients des ganglions associés à une grosse rate. Une histoire restée longtemps mystérieuse mais ce cancer va être pratiquement guéri par une combinaison de drogues associée à la radiothérapie.

Pour les autres cancers, « la démarche sera plus tardive, mais s’appuiera sur cette expérience : combinaison de chirurgie, de radiothérapie et de chimiothérapie »

La dernière partie de son propos porte d’abord sur quelques données chiffrées sur le cancer aujourd’hui, qui sévit comme un véritable fléau à l’état d’endémie : 8,5 millions de décès par cancer dans le monde chaque année, ce qui représente l’une des cinq principales causes de décès dans le monde, la deuxième aux États Unis ; en France il est responsable d’un décès sur quatre.

Un zoom sur deux des principales localisations :

  • Le cancer du sein, premier cancer féminin, dont le nombre annuel a été multiplié par deux entre 1990 et 2018. 12 146 décès en 2018, en baisse de 1% par an entre 2010 et 2018. Le taux de survie à 10 ans est de 76%
  • Le cancer du poumon, le plus fréquent et le plus meurtrier. La consommation de tabac est en grande partie responsable de ce résultat mais il y en a 12% d’origine professionnelle. La survie à 5 ans est de 20% pour les patients entre 50 et 65 ans.

« Depuis  ces deux exemples, on peut envisager un avenir moins sombre, surtout pour le cancer du sein. Il en est de même pour les autres cancers ».

Les avancées thérapeutiques reposent sur les nouvelles orientations de la carcinogénèse : « On est en train de quitter l’ère où la seule solution était la chimiothérapie pour les nouveaux défis de ce début du XXIe siècle : l’immunothérapie, la biothérapie (association chimiothérapie immunothérapie), les anticorps conjugués, les anticorps monoclonaux, les nouvelles cibles moléculaires… les vaccins… et les nouvelles techniques de radiothérapie ciblée, fractionnée… »

De nombreuses voix s’élèvent pour « faire reculer les thérapies toxiques », des équipes parlent de « désescalade » en faisant l’impasse sur les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie en première intention.

Les promesses aujourd’hui sont aussi fondées sur le dépistage et la prévention, mais il faut déplorer que l’offre de soins soit plus importante que l’offre de prévention. La politique de santé publique doit reposer sur une démarche pédagogique de prévention qui doit débuter à l’école primaire.

En conclusion le conférencier observe que la chimiothérapie, avec des drogues anciennes toujours utilisées et des molécules innovantes, est le plus souvent associée à la radiothérapie et à la chirurgie, triptyque incontournable et souvent déterminant. Mais il insiste aussi sur les effets secondaires et délétères : « Tout est poison et rien n’est sans poison, la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison » (Paracelse)

Tout patient, dit-il, avant de débuter son traitement spécifique, devrait pouvoir connaitre cette aventure médicale qu’est l’histoire de la chimiothérapie.

L’approche de la prise en charge se définit par la théorie des « 4 P » : personnalisée, prédictive, préventive, participative … et pédagogique, et il faut avant tout ne pas oublier la sagesse d’Hippocrate : « Écouter le malade, le soigner, peut être le guérir, mais ne jamais lui nuire ».

Notre confrère répond ensuite, comme c’est l’usage, à un certain nombre de questions qui tournent pour l’essentiel autour :

  • De la psychologie, dans la genèse du cancer, dans l’annonce du diagnostic, mais aussi pour aider à vivre la maladie et à sortir de celle-ci
  • Des facteurs environnementaux

In fine, trois remarques :

  • 40% des cancers sont évitables
  • Il faut permettre d’accéder à toutes les innovations
  • Et développer l’offre de prévention

(compte rendu établi par Pierre Gauthier)

  

3. Les rendez vous de l’Académie n°37

 

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L’invité de la 37ème émission était  l’un de nos nouveaux académiciens Pierran Devergnes, président de la Compagnie des écrivains de Tarn et Garonne, c’est donc  le mot compagnie dont « la fortune du mot » a exploré les richesses et décelé un risque possible autour des animaux de compagnie… L’entretien a permis de mettre à jour  sa culture, sa sensibilité, son originalité et son ouverture aux autres. Il nous a aussi parlé de Saint Pierre Livron, lieu qui lui tient à cœur, enfin, l’objet du mois a porté sur la pointe Bic Cristal.  Anne Lasserre a choisi l’imprimeur Edouard Forestié comme personnage «Illustre» qui fut aussi président de notre Académie.

Voici le lien pour l’écouter : https://www.cfmradio.fr/pierran-ce-qui-m-interesse-dans-dans-l-academie-c-d-apprendre

4. La séance publique du 5 février

 Notre Secrétaire Général Jean-Marc Detailleur, nous présentera Elie Decazes,  « Alcibiade ou Rastignac »….

Jeune, élégant, cultivé, ambitieux, Elie Decazes fut le « chef du cabinet des ministres » de Louis XVIII à 38 ans en 1829, après avoir été ministre de la Police, de l’Intérieur, confident et favori du Roi pendant 4 ans.

Véritable personnage de la « Comédie Humaine »,arrivé dans la capitale à 20 ans ce jeune avocat devient magistrat et côtoie l’élite politique au service de la famille de Napoléon.

Converti au Royalisme, il parvint après Waterloo à approcher Louis XVIII, ayant été nommé préfet de Police de Paris par le nouveau chef du gouvernement Talleyrand avec l’accord du ministre de la police Fouché.

Acquis aux « Lumières » Elie Decazes s’attache à mettre en œuvre la politique de Louis XVIII, du juste milieu.

L’assassinat du duc de Berry le 13 février 1820 marque son renvoi sous la pression de la famille royale et la fin de sa carrière ministérielle.

Il sera ensuite pendant 40 ans, tout en restant au milieu de la vie politique de la monarchie de Juillet, un agriculteur novateur, un industriel visionnaire, investissant à perte toute sa fortune dans les mines et usines métallurgiques en Aveyron, donnant son nom à une ville nouvelle : Decazeville.

 

5. Publications de l’Académie

 

Bon de commande

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  • 400ème anniversaire du siège de Montauban (1621-2021) : 15 €.
  • Le Franc de Pompignan, Homme de Lettres et citoyen : 20 €.
  • Deux siècles d’histoire de l’Académie (1730-1930) : 20 €.
  • Le voyage de Languedoc et de Provence : 10 Euros.
  • L’Axe Garonne, la terre et les hommes : 10 €.
  • Du Tarn-et-Garonne aux Tranchées : nos poilus : 15 €.
  • Dictionnaire des Montalbanais, illustres, méconnus, oubliés : 25 €.
  • Pouvillon retrouvé : 20 €.

Participation aux frais d’envoi pour une commande : 6€.

Règlement, par chèque uniquement, à l’ordre de l’Académie de Montauban.

Le détail de nos publications est en ligne sur le site internet de l’Académie de

Montauban : http://www.academiemontauban.fr/publications/ouvragescollectifs

Responsable de la lettre électronique de l’Académie :

                                                                              Robert d’Artois

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Jean-Luc Nespoulous

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LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

Décembre 2023 - N°70

 

Sommaire:

1 -Le mot du Président : p. 1-2

2 -« In memoriam » : disparition de Michel Suspène, membre titulaire : p. 3

3. La séance solennelle du dimanche 10 décembre 2023  : p. 4-6

4. La séance publique du lundi 8 janvier 2024 : p. 7

5. L’émission radiophonique des Rendez-vous de l’Académie  : p. 8

6. Les publications de l’Académie : p. 9

 

1. Le mot du Président

« Car nous voulons la Nuance.. »

Tout s’accélère… Déjà dans l’entre-deux-guerres, dans Regards sur le monde actuel,   Paul Valéry marquait cette corrélation entre raccourcissement des délais, c’est-à-dire du temps et rétrécissement de l’espace… Que dirait-il de nos jours où un courriel fait le tour du monde de manière quasi instantanée ?

Nous voilà donc vivant dans l’instant, l’immédiat,  ce qui induit  des avis  en réaction, des  sentiments épidermiques, des jugements à l’emporte-pièce,  où le ressenti l’emporte sur le réfléchi… L’immédiateté d’Internet est un vecteur commun d’instrumentalisation, de simples messages commerciaux créent un sentiment d’urgence et poussent à répondre, voire agir dans la précipitation…

Le sociologue  G. Bronner décrit la façon dont les écrans suscitent la radicalité : « or les idées radicales, fussent-elles très minoritaires, ont toujours un effet. Le philosophe John Stuart Mill disait que le mal n’a besoin de rien d’autre pour s’imposer que de l’apathie des gens de bien et de raison. » 

Voilà pourquoi nous devons maintenir la nuance :  nuancer nos propos c’est  prendre le temps de privilégier l’analyse rationnelle et mettre une sourdine à l’émotivité  que l’immédiateté exacerbe.

Ces jours-ci s’ouvre la période des fêtes qu’au nom du bureau de l’Académie je souhaite à toutes et tous belles, heureuses, en famille et en amitié.

A l’année prochaine donc pour notre  première séance le lundi 8 janvier.

 

 

 

  1. « In memoriam »

Hommage à Michel Suspène

Discours de Robert d’Artois, Président de l’Académie, prononcé le 21 décembre jour de ses obsèques en l’église Saint Michel de  Verdun sur Garonne

Michel Suspène était membre titulaire de notre Académie depuis l’automne 2004, soit 19 ans, reçu en 2005 par son confrère  le docteur Philippe Rollin  avec lequel il partageait une conception particulièrement humaniste de la médecine.

C’est ce mot humaniste qui nous vient à l’esprit dès que nous pensons à lui. En effet , sa manière d’être  donnait chair et corps à ce terme parfois un peu trop facilement utilisé.

Né à Albi,  mais aussi fier de l’ascendance Mallorquine de sa mère qui connut la guerre civile espagnole, il fit ses études secondaires au lycée Lapérouse pendant  l’occupation.

Fasciné  très jeune par le dévouement permanent de leur médecin de famille, il le prit en exemple  et c’est ce qui le décida à  vouloir faire le même métier.  Médecin de campagne, homme de bons conseils, tourné vers les autres,  dans une conception proche d’une forme de  sacerdoce, comme l’ont bien perçu et reconnu nombre de verdunois tout au long des 37 ans de son exercice professionnel.  Il fut aussi médecin lieutenant-colonel,  chef départemental des sapeurs pompiers de Tarn et Garonne..

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si sa conférence de réception à l’Académie  est consacrée à  Avicenne, à la fois philosophe et médecin.

 Avicenne ce savant, ce médecin qui alliait savoir et bon sens, intellectuel aux multiples facettes, mais loin d’être un esprit désincarné, au contraire toujours tourné vers les autres et le réel. 

Avicenne, une référence pour Michel Suspène, homme de savoir discret  et d’érudition partagée avec finesse. Michel Suspène,  Un lettré au sens le plus noble du terme, à l’humour délicat et communicatif dont il nous a régalé à différentes reprises lors de chroniques appréciées  de tous les membres présents à nos séances privées, notamment une  sur la L.E.M (la Loi d’emmerdement Maximum) et une autre sur les parlers toulousains.

Nous lui devons aussi en janvier 2020 une très belle conférence quasi prémonitoire et très documentée sur « Mathieu Orfila pionnier de la toxicologie médico-légale » quelques semaines avant le premier confinement, au moment où l’on commençait à évoquer une pandémie….

Mais aussi compagnon de voyage  agréable  avec  sa femme Annie et de leurs amis Valette lors des différentes sorties et déplacements  que ce soit avec l’Académie ou l’AMOPA.

Sans oublier le mélomane et son travail inlassable autour de l’orgue de Verdun dont plus d’une centaine de concerts organisés….

Esprit ouvert, curieux, réfléchi, bibliophile assidu et respectueux, empreint d’une sagesse sereine, et  dont  une malice élégante illuminait  le regard… 

Nous avions le sentiment d’avoir parmi nous un homme « bon » au sens grec du terme un kallos-Kaghatos,  associant bonté et beauté de l’âme.

Michel Suspène, au nom de l’Académie  je dirai que nous sommes fiers de vous avoir eu comme confrère, et nous vous remercions d’avoir été des nôtres. … 

Michel Suspène, vous  allez tant nous manquer…

Le 21 décembre  2023 Eglise Saint Michel de Verdun sur Garonne.

Robert d’Artois,

  

3. Le 10 décembre : séance solennelle

 

Le journal La Dépêche du Midi a bien rendu compte de notre séance solennelle, laissons-lui la parole :

 

  La séance de l’Académie sous le signe des droits de l’homme

Cette séance solennelle de fin d’année est un moment important de la vie de l’Académie. Elle s’est déroulée dimanche 10 décembre au théâtre Olympe de Gouges en présence des 39 académiciens, de leur président Robert d’Artois, de Brigitte Barèges, maire de Montauban, de Vincent Roberti, préfet du Tarn-et-Garonne et d’un public fidèle. Cette année, trois nouveaux académiciens Philippe Bon, Olivier Fournet et Didier Lérisson ont rejoint l’institution. Trois autres ont été élus, Jean-Paul Dekiss, Pierre Desvergnes et Edmée Ladier.

En ce 10 décembre, 75e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, Robert d’Artois a fait en préambule l’éloge de René Cassin (1887-1976) :

 « Compagnon de la libération, Prix Nobel de la Paix, membre du Conseil Constitutionnel, Académicien dont l’action est considérable, avec un parcours d’excellence. En 1914, c’est la guerre. Grièvement blessé, il sera l’artisan d’une volonté de réconciliation franco-allemande. Dès le 19 juin 1940, il s’embarque pour Londres rejoindre le général de Gaulle qui l’accueille en lui disant ‘Vous tombez à pic’… En effet, René Cassin rédigera l’accord du 7 août 1940 signé par Churchill, de Gaulle et Cassin qui donne un statut à la France libre. C’est en 1948 qu’il compose  en coopération avec Eleanor Roosevelt le préambule de la déclaration, un idéal commun à atteindre pour tous les peuples et toutes les nations. De 1944 à 1960 il est président du Conseil d’État, puis en 1965 Président de la Cour européenne des droits de l’homme ».

 

Brigitte Barèges a poursuivi, citant Alexis de Tocqueville: «Sans la liberté, la vérité devient esclavage de l’erreur». La maire poursuit: « Nous fêtons l’anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, hier celui de la laïcité, 118 ans après la loi de 1905. Ces deux textes fondamentaux corroborent et exhortent à la liberté de pensée, de conscience, d’expression. Ces libertés sont plus que jamais remises en question aujourd’hui».

« Montauban, c’est 900 ans d’art et d’histoire et votre Académie en est un acteur important dans la vie culturelle et intellectuelle du Tarn-et-Garonne par la fondation en 1730 de la Société littéraire de Montauban. Vous participez au rayonnement culturel de notre pays », a, pour sa part, souligné le préfet Vincent Roberti ».

  

La séance consacrée à «Jean-Jacques Lefranc de Pompignan et la musique» est ensuite ouverte avec Jean-Marc Andrieu, membre titulaire de l’Académie, qui a proposé une conférence fort documentée et illustrée d’intermèdes musicaux dont plusieurs inédits. Il nous a ainsi  fait découvrir une facette plus secrète de ce grand homme, celle du librettiste et de l’amateur d’opéra. »

Soprano : Nicole Fournié

Violon : Nirina Betoto

Clavecin : Anne-Lise Labusquière

  

4. La séance publique du 8 janvier

 

Histoire de la chimiothérapie,

Une aventure scientifique en perpétuelle évolution,

par notre confrère le docteur Daniel Donadio.

La chimiothérapie, depuis les années 50, est devenue un des traitements majeurs des cancers, le plus souvent associée à la radiothérapie et à la chirurgie. Cancer connu depuis l’Antiquité, chimiothérapie et histoire de la médecine sont étroitement liés pour définir une discipline en perpétuel devenir : la cancérologie.

D’ou viennent ces définitions scientifiques et médicales ? Dans un premier chapitre nous évoquerons les nombreuses passerelles qui existent entre l’alchimie, la chimie et la recherche fondamentale et la physiologie avec ses multiples applications thérapeutiques. Le raisonnement scientifique a toujours guidé les médecins. Encore faut-il détenir les outils ?

Dans un deuxième temps nous rapporterons la « fabrique » de ces molécules chimiques à travers des épopées surprenantes parfois dramatiques, des récits rocambolesques, des découvertes fondées sur le hasard, le courage et « l’éclair de génie » de chercheurs obstinés en s’appuyant au départ sur des « poisons » mortels, véritables armes de guerre.

La définition de la structure de l’ADN en 1953 par Waston et Crick va permettre de définir les modes d’actions et la classification des drogues de chimiothérapie.

Ainsi nous terminerons avec l’émergence de protocoles de chimiothérapie souvent associés à la radiothérapie qui, à partir des années 70, ont rendu possible la guérison de certains cancers, surtout chez l’enfant.

Malgré de nouvelles pistes de recherche, notamment immunologiques, le cancer n’a pas livré tous ses secrets. Ces récentes orientations animent les promesses de demain qui sont déjà les nouveaux défis de ce début du XXIème siècle.

  

5. Les rendez-vous de l’Académie

 

Pour leur 36ème émission  sur CFM, l’invitée était notre nouvelle consoeur Edmée Ladier.  C’est donc le mot « fouiller » qui fit  fortune, le questionnaire  a permis de découvrir sa personnalité et sa détermination, ce que l’entretien confirma, ainsi  que sa  passion pour notre vallée de l’Aveyron et ses richesses préhistoriques. Un peu de nostalgie et de surprise avec l’objet cocotte-minute  bien connue en cuisine, mais aussi dévoilée comme potentiel coffre-fort… Anne Lasserre rappela la mémoire  de Léon Jean Labat, médecin vétérinaire,  ancien président de notre Académie…  Emission à écouter grâce au lien suivant : https://www.cfmradio.fr/edmee-ladier

 

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6. Publications de l’Académie

 

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  • 400ème anniversaire du siège de Montauban (1621-2021) : 15 €.
  • Le Franc de Pompignan, Homme de Lettres et citoyen : 20 €.
  • Deux siècles d’histoire de l’Académie (1730-1930) : 20 €.
  • Le voyage de Languedoc et de Provence : 10 Euros.
  • L’Axe Garonne, la terre et les hommes : 10 €.
  • Du Tarn-et-Garonne aux Tranchées : nos poilus : 15 €.
  • Dictionnaire des Montalbanais, illustres, méconnus, oubliés : 25 €.
  • Pouvillon retrouvé : 20 €.

Participation aux frais d’envoi pour une commande : 6€.

Règlement, par chèque uniquement, à l’ordre de l’Académie de Montauban.

Le détail de nos publications est en ligne sur le site internet de l’Académie de

Montauban : http://www.academiemontauban.fr/publications/ouvragescollectifs

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                                                                              Robert d’Artois

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LES ACTUALITÉS DE L’ACADÉMIE

Novembre 2023 - N°69 

 

Sommaire:

  1. Le mot du Président : 1-2
  1. « In memoriam » : disparition de Théodore Braun, membre correspondant : p.3-4
  1. La séance publique du lundi 6 novembre 2023 : 4-7
  1. L’émission radiophonique des Rendez-vous de l’Académie : 8
  1. La séance solennelle du dimanche 10 décembre 2023 : 8-9
  1. Les publications de l’Académie : 10

1.  Le mot du Président

 Nous sommes presque au complet ! Bienvenue à notre nouvelle consœur et à nos deux nouveaux confrères : notre Assemblée Générale élective du 6 novembre a élu au premier tour de scrutin :

  • au fauteuil numéro 10, vacant depuis la démission, en avril 2022, de Paul Duchein : Monsieur Jean-Paul Dekiss
  • au fauteuil numéro 24, vacant par suite du décès du docteur Philippe Rollin, en février 2022 : Monsieur Pierre Desvergnes dit Pierann
  • au fauteuil numéro 37, vacant par la démission, en janvier 2022, de Madame Christiane Vallespir : Madame Edmée Ladier

Très belle palette de nouveaux esprits qui viennent compléter la richesse déjà bien diversifiée de notre Compagnie.

Effectif quasi complet donc, puisque 39 sur 40 de nos fauteuils ont un titulaire, ce qui va nous permettre d’exploiter au mieux tous les talents que recèle notre Académie et ce, dans une perspective de diffusion des sciences, des lettres et des arts - ce qui a toujours été le but de notre mission. Il nous appartiendra d’organiser selon notre tradition la réception officielle de ces nouveaux membres.

Par ailleurs, je m’en voudrais un peu si je ne vous glissais comme un clin d’œil et un peu d’humour potache, le fait que le troisième jeudi de novembre (marqué il y a d’autres temps par des rites autour du vin nouveau) a été institué en 2005 par l’UNESCO « Journée mondiale de la philosophie » : « Car en dehors d’être une discipline, la philosophie est aussi une pratique quotidienne qui peut transformer les sociétés et stimuler le dialogue des cultures. En éveillant à l’exercice de la pensée, à la confrontation raisonnée des opinions, la philosophie aide à bâtir une société plus tolérante et plus respectueuse. »

Et si vous me permettez une facétie motivée par ce 3ème jeudi de novembre, certains pourraient peut-être imaginer un lien entre philo et vin… Je vous citerai donc Gaston Bachelard qui, dans La Psychanalyse du feu, les y inciterait : « Bacchus est un dieu bon car il libère la syntaxe et évite l’ankylose de la logique. »

 

  1. « In memoriam »

Disparition de Théodore Braun,

Professeur émérite de l’Université du Delaware (U.S.A), Membre correspondant de notre Académie

 

C’est par un courriel adressé par Jeanne Braun Vélonis, fille de Théodore, fin octobre, à notre confrère Jacques Carral, que nous avons appris le décès de Théodore Braun, survenu le 14 décembre 2022. Il était l’un des meilleurs spécialistes de Jean-Jacques Le Franc de Pompignan, auquel il a consacré sa thèse, Un ennemi de Voltaire, Le Franc de Pompignan, sa vie, son œuvre, ses rapports avec Voltaire, publiée en 1972. On lui doit également une vingtaine d’articles et de communications, en français ou en anglais, consacrés au fondateur de notre Académie. Nous l'avons reçu en qualité de

« membre correspondant » en 2012. Lors de sa réception, il a donné une communication sur « La crise existentielle de Le Franc de Pompignan au début des années 1750 ». En 2018, de retour en Tarn-et-Garonne, et à l'occasion d’une séance foraine de l’Académie à Pompignan, il a prononcé dans la chapelle des Dominicaines du château, une conférence au cours de laquelle il est revenu sur la question des rapports entre Le Franc et Voltaire, mettant en lumière le côté sombre et machiavélique de ce dernier, et évoquant les     « Mensonges, calomnies et faits alternatifs » qu’il a inventés pour discréditer le poète montalbanais dans l’opinion.

 

Claude Sicard (alias Voltaire)

dialoguant avec Théodore Braun (alias Le Franc de Pompignan)

Son ami Jacques Carral lui consacrera prochainement un hommage où il  reviendra sur sa contribution à la connaissance de la vie Le Franc de Pompignan et de ses œuvres. Cet « In Memoriam » sera publié sur notre site et dans le Recueil 2023.

3.  La séance publique du lundi 6 novembre 2023

 

La séance est ouverte à 17h par le président qui annonce l’élection des trois nouveaux académiciens cités plus haut.

Le Secrétaire Général procède aux annonces culturelles traditionnelles, en tête desquelles l’ouverture, le 21 novembre, des « Lettres d’Automne » qui accueillent cette année Maylis de Kérandal.

Il énumère les conférences prévues à l’UTAM, la journée d’études de la SMERP sur « tolérance et intolérance religieuse : le combat pour la liberté de conscience » du samedi 18 novembre, la communication de Charles Matharan sur la création de l’Ordre National du Mérite, les expositions sur Manuel Azaña et Marc Dautry, et la séance solennelle de l’Académie, le 10 décembre à partir de 15 heures, avec la conférence musicale de Jean-Marc Andrieu : « Jean-Jacques Lefranc de Pompignan et la Musique ».

Après quoi M. Didier Lérisson, nouvel académicien est accueilli solennellement.

 

Il est présenté par Mireille Courdeau dans une allocution « affectueuse et admirative ». C’est un Toulousain, fier de ses origines modestes, entré dans la vie active après le Baccalauréat, dans le secteur bancaire où il se forme et progresse, passant de de l’analyse à l’expertise comptable, et où il fera toute sa carrière, à la Banque Populaire. Il est marqué par ses rencontres avec Joël de Rosnay et Michel Serres. Il intervient longtemps à Ouagadougou dans le cadre d’activités de formation. C’est un patron humaniste, exigeant et bienveillant. Il arrive en Tarn-et-Garonne en 2005.

La présidence du Tribunal de Commerce ne l’empêche pas de jouer de la guitare...

Mireille Courdeau conclut en répétant que ce « Lérisson-là ne pique pas, il convainc, il séduit par sa gentillesse, sa malice, ses compétences, sa disponibilité »

 

Didier Lérisson présente alors l’éloge de son prédécesseur, M Gabriel Roqueplo, né en 1921 à Paris et décédé à Montauban en juillet 2020, à 98 ans. Parisien de la rive gauche, il fait d’excellentes études (HEC, Droit, un DES d’économie). Les années 1947-1948 seront pour lui des années importantes puisqu’il rencontre Dana à Prague dans un rassemblement de jeunesse. Il la retrouve à Londres en 1948, où elle participe aux jeux Olympiques, en tir à l’arc, au titre de la Tchécoslovaquie (Elle sera titulaire de la Médaille d’Argent). Ils se marient à l’automne et se fixent rapidement, en 1950, en Tarn-et-Garonne, où Gabriel Roqueplo est directeur commercial aux Moulins de Saliens, à Reyniès. Il fera toute sa carrière dans cette entreprise dont il deviendra Directeur Général.

Il est élu à l’Académie en 1978, au fauteuil n°29, en remplacement de l’abbé Bozouls. Il est reçu en 1979 par son parrain M. Alain Godeau, directeur honoraire à la banque Courtois, sous le triple signe de la spiritualité, de la rigueur et de la rectitude.

Il nous présentera plusieurs conférences, en 1995 sur le théologien Jean Hus, l’autre en 2006 sur la vie tumultueuse de Dominique Ruzzola, moine de l’ordre des Carmes Déchaux, qui fut mandaté par le Pape pour assister à un certain nombre de conflits, en particulier à Prague et à Montauban. Très impliqué dans le fonctionnement de l’Académie, M. Roqueplo en fut le trésorier pendant dix ans, entre 1995 et 2005.

« Je ne le connaissais pas, conclut Daniel Lérisson, ce fut une belle découverte, un homme d’entreprise aux hautes valeurs morales »

 

Après quoi, notre nouveau confrère présente sa conférence qu’il a intitulée :

« La dématérialisation du dictionnaire, du papier à la base de données »

 

Son point de départ est le Dictionnaire Universel de Commerce en 5 volumes, édition de 1759.

 

Le dictionnaire, dit-il, n’est que l’expression, à un moment précis, de la conjugaison de l’état d’une technologie et d’un niveau de connaissances, l’un et l’autre étant évolutifs.

Il annonce qu’il traitera successivement de l’histoire de ce Dictionnaire puis des domaines impactés par les effets du progrès (technique d’impression, connaissances, finances) avant d’exprimer un certain nombre de remerciements à ceux qui ont permis la restauration de ces cinq volumes.

La création de ce Dictionnaire résulte de celle de l’inspection générale des douanes, par Louvois, soucieux de doter d’outils sa politique manufacturière. Jacques Savary des Brulons, né en 1657, fut nommé en 1686 à ce titre d’inspecteur général des douanes. Il produisit un ensemble de fiches techniques constituant un thésaurus qu’il appela son « manuel mercatique ». « Un vrai travail de titan, réalisé à la plume ». A partir de ce document germe progressivement l’idée d’un dictionnaire de commerce, dont le monde des affaires a besoin.

Ce travail sera à la charge d’un trio composé de Jacques Savary, de son frère Philémon et de l’éditeur Jacques Estienne qui rassemblent les contributions des inspecteurs des manufactures et des ancêtres des actuelles chambres de commerce.

La sortie de ce Dictionnaire Universel de Commerce, annoncée pour 1714, n’intervient qu’en 1723, chez Jacques Estienne, éditeur. Entre temps, Jacques Savary est mort en 1717. Le succès de cet ouvrage suscita une version pirate, laquelle conduisit à de nouvelles éditions du vrai dictionnaire en 1741 et 1750, puis à celle de 1759-65 en cinq volumes, qui est présentée en conférence. Le succès durable de cet outil efficace et opérationnel n’empêche pas de réfléchir à un renouvellement de l’approche suivie, d’autant que l’Encyclopédie arrive.

 

On glissera donc d’une définition des termes du négoce à celle d’une science économique naissante.

La recherche de gains de productivité dans l’édition a naturellement un impact sur les métiers environnants, et renouvelle le contenu de ces métiers. C’est ainsi qu’on est passé du copiste au correcteur : « terminés les doreurs, relieurs, papetiers colleurs de feuilles. Vive les chefs de projets web- mobile, les ingénieurs cloud computing… ». Quand on fait la liste des métiers qui ont permis la réalisation du Dictionnaire de Commerce, on constate qu’il n’en reste plus beaucoup !

L’appel à des contributions extérieures pour un Dictionnaire ou une Encyclopédie renforce l’anonymat des contributeurs et la personnalisation de l’œuvre autour de l’inspirateur, en dernière analyse le libraire éditeur.

Le conférencier nous propose alors de faire un grand saut dans le temps : la révolution numérique a totalement chamboulé notre environnement, elle en est à ses débuts, la vitesse de progression suit une courbe exponentielle. Le moteur de recherche est un intermédiaire entre le demandeur et le sujet :    or leurs réponses peuvent, sur  un  même  sujet, varier considérablement : Daniel Lérisson donne l’exemple de traductions d’un vers d’Horace en plusieurs versions.

Les Data stockent un nombre d’informations de plus en plus important, sans commune mesure avec la mémoire humaine. Par des algorithmes peuvent être agencées des réponses en suivant une logique empruntée au fonctionnement de la pensée humaine, mais….

Pour les utilisateurs l’impératif reste le même : penser par soi-même, et raisonner. La finance : au XVIIIe siècle le financement de l’édition repose sur le libraire imprimeur, qui lance des souscriptions (qui assurent un préfinancement mais il faut souvent faire patienter les souscripteurs). L’Encyclopédie, par exemple, a fini par être un de plus grands succès de librairie de l’ancien régime. L’argent, nous dit le conférencier, est consubstantiel de la nature même de l’entrepreneur, et de nos jours la motivation liée à l’espérance de gain est toujours là, l’entreprise n’est plus perçue que comme un instrument potentiel de gains financiers.

Le besoin de financement du secteur de l’édition confronté à la révolution numérique est considérable.

La financiarisation progressive de l’économie nous met à l’opposé des conceptions d’Adam Smith sur la main invisible régulant l’économie : il serait sans doute bon, glisse le conférencier, qu’elle se manifeste de nos jours. Et face à la révolution numérique, l’adaptation devient une urgence.

Le conférencier conclut en remerciant les personnes qui ont permis de restaurer les cinq volumes de l’édition 1759 du Dictionnaire de Commerce qu'il a eu le plaisir de présenter.

 

4.  L’émission de CFM

 

« Les rendez vous de l’Académie » fêtaient, ce 13 novembre, leur 35ème émission consacrée aux plus de 33 ans du festival de littérature « Lettres d’Automne ». L’occasion était trop belle pour la « fortune du mot » de jouer sur la parenté lexicale entre festin et festival… L’émission se complut à faire passer Maurice Petit du rôle de questionneur à celui de questionné, lui qui fut le concepteur, réalisateur, animateur inlassable pendant près de 30 ans de « Lettres d’Automne ». Il put ainsi évoquer les grands moments, comme les évolutions de ce festival hors du commun, unique en France.

Enfin, Anne Lasserre nous fit mieux connaître le colonel Yvan Reverdy qui, outre ses faits d’armes, fut un temps président de notre Académie.

Moments forts que vous pourrez écouter lorsque CFM nous aura communiqué le lien :

 

5.  La séance solennelle du 10 décembre

 

C’est à 15h00 au Théâtre Olympe de Gouges que sera donnée notre séance solennelle, un moment important dans la vie de notre Académie. En un premier temps nous y faisons, en présence des autorités de l’Etat, de la ville, du département, le point de l’année écoulée et présentons les perspectives de l’année à venir.

Puis, dans un second temps, ce sera cette année notre confrère Jean-Marc Andrieu qui, en « conférence-concert », à partir d’une idée de Geneviève Falgas, nous contera et illustrera musicalement les relations entre : « Jean- Jacques Lefranc de Pompignan et la musique ».

 

Moment privilégié auquel nous vous espérons nombreux.

 

 

 

 



 INFOS SUR LE COLLOQUE ÉVOQUÉ CI-APRÈS

 

Pierre Marillaud

à
Robert d’Artois, Président,
ses chères consœurs et chers confrères,
de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Montauban

 

Puisque notre Académie a accepté de patronner le colloque qui se déroulera à Montauban du 3 au 5 juillet 2024 sur le thème : Éloge du « politiquement correct » - Pour une réévaluation d’un discours de modération contemporain , j’ai tenu à vous apporter quelques informations sur ce colloque principalement organisé par Michael Rinn, professeur à l’Université de Brest, et Marc Bonhomme, professeur émérite de l’Université de Berne (Suisse) en même temps que j’adresse l’appel à communications au bureau de notre Académie.
Je précise que Philippe Bécade fait partie du comité d’organisation car, ayant pensé à comparer le discours de la doxa médical et le politiquement correct, cette première proposition de communication a séduit Michael Rinn qui, de ce fait, a sollicité Philippe pour qu’il accepte une place dans le comité d’organisation.

Les deux chercheurs en Sciences du Langage, fondateurs du colloque 2024 de Montauban, Michael Rinn et Marc Bonhomme, ont l’un et l’autre fréquenté à plusieurs reprises le Colloque International d’Albi Langages et Signification, créé par Georges Maurand, et que j’ai eu l’honneur de présider pendant 14 années, de 2001 à 2015.
- Michael Rinn est actuellement professeur à l’Université de Bretagne Occidentale ; Il a publié plusieurs ouvrages dont « Les récits du génocide », « L’Afrique en discours », « Santé publique et communication » et « Témoignages sous influence ».
- Marc Bonhomme, agrégé de grammaire et docteur d’État, professeur émérite de l’Université de Berne, m’aida beaucoup dans le choix des thèmes proposés chaque année pour le colloque d’Albi. Outre de nombreux articles, il publia « Linguistique de la métonymie », « Les figures-clés du discours » (1998), « Pragmatique des figures du discours » (2005), « Le discours métonymique » (2006) et, en collaboration avec Jean-Michel Adam, « L’argumentation publicitaire-rhétorique de l’éloge et de la persuasion ».
J’ajouterai que Roselyne Koren, professeur émérite en Sciences du Langage de l’Université de Tel-Aviv, membre elle aussi, de notre conseil scientifique, était venue au colloque d’Albi en 2004 où elle avait traité un sujet qui, malheureusement... , continue à nous poser des questions brûlantes aujourd’hui : «Contribution à la régulation argumentative du différend politique : le flou polysémique du concept de ‘terrorisme’ est-il insoluble?» Elle publia, outre de nombreux articles ,« Les idées reçues » (Nathan 1991), « L’argumentation dans le discours » (Nathan 2000).
Enfin, je signale la présence de Patrick Charaudeau , professeur émérite de Paris XIII, CNRS, linguiste très connu, auteur de nombreux ouvrages et articles, dont la « Grammaire du sens et de l’expression » ( Hachette 1992, 927 pages) qui fit sensation à l’époque et fut rééditée récemment .
Certes, je suis un peu gêné de mettre mon grain de sel, alors que vous n’avez pas besoin de ces quelques détails avant de lire notre appel à communications, mais le thème du colloque « Éloge du politiquement correct- pour une réévaluation d’un discours de modération contemporain » me laisse penser que les sinistres événements que nous vivons, en particulier depuis l’assassinat du professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020, suivi 3 ans plus tard, le 13 octobre 2023, par celui du professeur Dominique Bernard sur le plan national, ainsi que la guerre entre le Hamas et Israël sur le plan international, marqueront sans doute certains des auteurs qui donneront des communications en juillet prochain à Montauban. Aujourd’hui, la plus grande partie des enseignants du primaire et du secondaire de nos établissements publics se condamnent à une véritable autocensure vu les menaces dont certains font l’objet. Qu’elle soit préventive ou de lassitude, cette autocensure remet profondément en cause le fonctionnement de notre école et le principe de laïcité auquel sont soumis tous les établissements publics ainsi que les établissements privés sous contrat. Mais peuvent-ils faire autrement quand certains retrouvent leur voiture avec les pneus crevés, quand ils reçoivent des menaces concernant leur famille ? Il ne s’agit pas de tomber dans l’islamophobie, mais le « pasdevaguisme » qui s’est mis en place depuis trop longtemps déjà, a laissé le champ libre à tous les excès. Des enseignants sont menacés de mort, « on va te faire un Paty », « Sale bâtard, on va te faire la peau », certains élèves ne mangent plus de porc à la cantine de peur de perdre leurs copains, des filles se dispensent des leçons de natation pour ne pas être vues en maillot par les garçons, etc, etc. Alors le discours de sagesse, ce discours de modération pourra-t-il s’imposer ? Nul doute qu’il en sera fortement question au cours de notre colloque. C’est du moins ce que je souhaite vivement, car ancien Inspecteur de l’Éducation Nationale, puis Inspecteur d’Académie-IPR à Toulouse, les échos qui me parviennent de ce qu’il se passe dans les écoles, collèges et lycées publics m’ont atteint le moral, et je vous prie de bien vouloir m’ excuser de vous en avoir fait part.
Mais pour ne pas terminer sur cette note triste, je souhaite que ceux d’entre vous qui nous rejoindront pendant ces trois journées de juillet 2024 prendront du plaisir à participer ou simplement à écouter.

Très cordialement à toutes et tous

Pierre Marillaud

  


Appel à communication Colloque international

Éloge du « politiquement correct ».

Pour une réévaluation d’un discours de modération contemporain

Ancien Collège

Montauban, 3-5 juillet 2024

sous le patronage de

l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Montauban

 

  1. Problématique

Apparu aux États-Unis dans les années 1970 et vulgarisé en français une vingtaine d’années plus tard, le terme « politiquement correct » s’avère profondément ambigu à travers ses enjeux linguistiques, sociaux et politiques.

Dans l’espace anglo-saxon et nord-américain, ce terme désigne essentiellement les formes de discours destinées à lutter contre les discriminations affectant les minorités et les groupes marginalisés. De telles discriminations recouvrent un large spectre englobant le racisme, le sexisme, l’homophobie et des modes d’exclusion plus spécifiques, comme celle liée au handicap. À la fois façon de penser et projet linguistique, le politiquement correct (correct suggérant une idée de conformité éthique, mais aussi de bienséance) présuppose qu’une action volontariste sur la langue peut modifier les comportements dans le sens d’une reconnaissance des différences, d’une valorisation de l’autre et d’une meilleure harmonie sociale (Larrazet, 2010). Concrètement, il se traduit par la mise en place d’une langue non-discriminante fondée sur des procédures de renomination lexicale positivante, de recatégorisation sémantique ou de neutralisation syntaxique (cas des articles ou des pronoms personnels avec l’écriture inclusive). D’un point de vue communicationnel, cette transformation de la langue privilégie la relation (dans l’acception de Watzlawick et al., 1972), vu qu’il s’agit d’estomper le potentiel menaçant des discours et de ménager les faces du public discriminé suivant une visée d’intégration.

Cependant, et particulièrement en France, le politiquement correct a suscité de nombreuses critiques. Sur le plan linguistique, on lui a reproché d’instaurer un nouveau conformisme langagier, invariablement valorisant, composé de stéréotypes, de lieux communs et de formulations euphémisantes. C’est pourquoi sa nouvelle phraséologie conventionnelle a pu faire douter de sa sincérité, d’autant plus qu’en agissant sur les mots, il ne remédie pas forcément aux maux qu’il se propose de combattre. Sur le plan idéologique, par son « hygiène verbale radicale » (Cameron, 1995 : 8), le politiquement correct a été vu comme un instrument de contrôle sur la pensée, destiné à influencer – voire manipuler – l’opinion publique. Dans cette optique, on a tour à tour critiqué son « totalitarisme » (Volkoff, 2001 : 11), son « hégémonisme culturel » (Allan & Burridge, 2006 : 127) ou sa « tyrannie de l’opinion » (Delporte, 2009 : 299), sans parler de ses effets souvent contre-productifs, à l’opposé de ses objectifs consensuels : « On égare le citoyen vers des attitudes d’autocensure, d’inhibition, on verrouille le blocus social » (Mercury, 2001 : 134). Comme le note Krieg-Planque (2021), cette perception négative du politiquement correct est si forte que les locuteurs évitent fréquemment de le prendre en charge pour qualifier leurs discours, l’attribuant aux propos d’autrui qu’ils dénoncent. À ces problèmes s’ajoute le fait que le politiquement correct pâtit parfois d’une extension difficilement contrôlable hors de la sphère stricte de la discrimination sociale, ce qui en dilue la portée conceptuelle. C’est ainsi qu’il s’est vu étendu aux domaines les plus variés : sport, droit, culture, etc., comme en témoignent les ouvrages de Volkoff (2001) ou de Merle (2011). En cela, il tend à se confondre avec la langue de bois ou avec les processus généraux de l’euphémisation du langage.

  1. Objectif et axes

L’objectif de ce colloque est de réévaluer le concept de « politiquement correct », en tenant compte des critiques précédentes, mais en le recentrant sur son acception première : celle d’un discours de modération et d’intégration face à des pratiques discriminatoires. D’une part, ce concept – reconsidéré selon sa facette positive – est d’une actualité brûlante en ce début de XXIe siècle où l’on voit une montée des discours d’exclusion, tant sur les réseaux sociaux que dans les sphères médiatiques et politiques. D’autre part, envisagé comme un discours de régulation sociale favorisant le vivre ensemble, il constitue un concept à la fois cohérent et souple que des notions voisines, comme celle de « discours inclusif », ne recouvrent qu’en partie. Ce colloque se veut donc une sorte d’« éloge » du politiquement correct, débarrassé autant que possible de sa gangue dogmatique. S’adressant aux chercheurs/euses en linguistique, en littérature et en sciences de la communication, mais également aux psychologues et aux pédagogues, il se propose de contribuer à la modélisation d’une pratique discursive qui invite à l’échange, à l’écoute et au respect de l’autre.

Sur ces bases, les axes d’étude suivants peuvent être privilégiés :

a ) Approches sociolinguistiques et communicationnelles

  • Comment le contexte et les conditions de production du politiquement correct ont évolué ces dernières années par rapport à la fin du XXe siècle ?
  • Quel bilan peut-on dresser sur la réception récente du politiquement correct ? Quels blocages freinent ou empêchent sa réception positive ?
  • Une étude comparative entre les pratiques du politiquement correct dans divers pays permet-elle de le réévaluer positivement ?
  • Où en sont actuellement les relations entre le politiquement correct, la langue de bois et le discours inclusif ?
  • En quoi les théories de la politesse et des faces (Brown & Levinson, Charaudeau, Goffman, Kerbrat-Orecchioni…) favorisent-elles une meilleure compréhension du politiquement correct ?

 

b) Approches discursives et rhétoriques

  • En quoi les dimensions énonciatives (jeu sur les points de vue, actes de langage indirects, etc.), lexico-sémantiques (création néologique, recatégorisations verbales…) et grammaticales (action sur les pronoms, les adjectifs, la syntaxe…) du discours participent-elles à une orientation positive du politiquement correct ?
  • Comment est-il possible de raviver l’expression du politiquement correct à travers des formes langagières novatrices et moins conventionnelles ?
  • Comment la rhétorique des figures (euphémismes, ironie, litotes, humour, etc.) est-elle en mesure de valoriser le politiquement correct ?
  • Les stratégies rhétoriques fondées sur l’éthos et/ou le pathos peuvent-elles contribuer à lutter contre les discours de discrimination ? Comment les rhétoriques de l’éloquence, en synchronie et en diachronie, sont-elles à même de renforcer les relations interindividuelles ?
  • En quoi le recours à l’argumentation s’avère-t-il efficace pour contrecarrer les pratiques discriminantes ?

 

c) Approches psychologiques et pédagogiques

  • Comment éviter que le politiquement correct devienne un discours de manipulation ?
  • Le politiquement correct tend-il nécessairement au stéréotypage et à une doxa conformiste, comme le pensent ses détracteurs ? En quoi peut-il contrer les idéologies et les représentations communes reposant sur le rejet de l’autre ?
  • Comment sensibiliser efficacement les élèves ou les étudiant/e/s au politiquement correct dans un cadre scolaire et universitaire ? Les manuels pédagogiques sont-ils adaptés pour une telle sensibilisation ?
  • Peut-on encore tenir un discours « politiquement correct» devant des élèves qui baignent dans une société de plus en plus tiraillée entre l’individualisme et le communautarisme ? Si « oui », à quel prix et comment ? À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux numériques, comment l’école peut-elle toujours s’affirmer comme le lieu où l’on forme l’enfant à honorer la cité et à devenir le citoyen d’une démocratie ?
  • Comment diffuser auprès des élèves les instructions officielles relatives au politiquement correct, alors que les parents sont souvent divisés sur cette question ?

 

 

d) Études de cas particuliers

Des études de cas plus spécifiques combinant ces différentes approches seront également les bienvenues. Celles-là peuvent porter sur des productions textuelles variées (littérature, médias sociaux, Internet, discours politiques, médiatiques et administratifs). Elles peuvent se concentrer sur un corpus précis ou adopter une perspective comparative. L’essentiel est qu’elles s’attachent à montrer comment le politiquement correct revisité fournit un contre-discours efficace pour faire face aux discours discriminants, notamment xénophobes, racistes, sexistes ou homophobes.

  1. Éléments bibliographiques

Allan, K. & Burridge, K. (2006), Forbidden Words, Cambridge, Cambridge University Press.

Amossy, R. (2021), L’Argumentation dans le discours, Paris, Armand Colin.

Austin, J. L. (1970 [1962]), Quand dire, c’est faire, Paris, Le Seuil.

Bonhomme, M., de La Torre, M. & Horak, A. (2012), Études pragmatico-discursives sur l’euphémisme / Estudios pragmático-discursivos sobre el eufemismo, Frankfurt am Main, Peter Lang.

Brown, P. & Levinson, S. (1987), Politeness. Some Universals in Language Usage, Cambridge, Cambridge University Press.

Cameron, D. (1995), Verbal Hygiene, London, Routledge.

Charaudeau, P. (2014), « Étude de la politesse, entre communication et culture », in Cozma A.-M., Bellachhab A. & Pescheux M. (dirs), Du sens à la signification. De la signification aux sens. Mélanges offerts à Olga Galatanu, Bruxelles, Peter Lang, p. 137-154.

Clouscard, M. (2013), Le Capitalisme de la séduction, Paris, Delga.

Delporte, C. (2009), Une histoire de la langue de bois, Paris, Flammarion.

Fracchiolla, B. (2023), « Politiquement correct », in Lorenzi Bailly N. & Moïse C. (dirs), Discours de la haine et de radicalisation. Les notions clés, Lyon, ENS Éditions, p. 283-289.

Goffman, E. (1974), Les Rites d’interaction, Paris, Minuit.

Jaubert, A. (2008), « Dire et plus ou moins dire. Analyse pragmatique de l’euphémisme et de la litote », Langue française, n° 160, p. 105-116.

Kerbrat-Orecchioni, C. (2005), Le Discours en interaction, Paris, Armand Colin.

Koren, R. (2019), Rhétorique et éthique, Paris, Classiques Garnier.

Krieg-Planque, A. (2021), « Politiquement correct », Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. En ligne : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/politiquement-correct/

Larrazet, C. (2010), « Politically correct : une guerre des mots américaine », Hermès, n° 58, p. 111-112.

Lebouc, G. (2007), Parlez-vous le politiquement correct ?, Bruxelles, Éditions Racine Lannoo.

López Diaz, M. (2014), « L’euphémisme, la langue de bois et le politiquement correct », L’Information grammaticale, n° 143, p. 47-55.

Mercury, Th. (2001), Petit lexique de la langue de bois, Paris, L’Harmattan.

Merle, P. (2011), Politiquement correct. Dico du parler pour ne rien dire, Paris, Éd. de Paris-Max Chaleil.

Piaget, J. (1923), Le Langage et la pensée chez l’enfant, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé.

Pick, P. (2017), Qui va prendre le pouvoir ? les grands singes, les hommes politiques ou les robots, Paris, Odile Jacob.

Prak-Derrington, E. & Dias, D. (dirs) (2022), Le Discours et la langue, n° 13.2, « Politiquement incorrect ».

Rinn, M. (2012), « Du bien parler en Euphémie. Le handicap dans la cité honnête, utile et agréable », in Bonhomme M., de La Torre M. & Horak A. (dirs), Études pragmatico-discursives sur l’euphémisme, Frankfurt a. M., Peter Lang, p. 209-221.

Rinn M. et Sherlaw W. (2018), « Santé publique et communication », MEI, n° 44-45.

Rosier, L. (2020), « Politiquement correct », La Revue Nouvelle, n° 5, p. 64-69.

Volkoff, V. (2001), Manuel du politiquement correct, Paris, Éditions du Rocher.

Watzlawick, P, Beavin, J. H. & Jackson Don D. (1972), Une logique de la communication, Paris, Le Seuil.

  1. Modalités pratiques

Lieu et date : Montauban, Ancien Collège, du 3 au 5 juillet 2024.

Les propositions de communication, d’une longueur de 300 à 400 mots, doivent être envoyées avant le 20 décembre 2023 conjointement aux adresses suivantes :

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Les notifications d’acceptation seront envoyées aux participant/e/s avant le 31 janvier 2024. L’ensemble des conférences aura lieu en présentiel.

Les frais d’inscription sont de 50 euros (pauses café, repas de gala, frais d’impression).

La publication d’un ouvrage collectif et/ou d’un numéro thématique dans une revue est envisagée. Des précisions sur ce point viendront par la suite.

Responsables du colloque :

Michael Rinn, Professeur, Université de Bretagne Occidentale, Brest.

Marc Bonhomme, Professeur émérite, Université de Berne, Suisse.

Pierre Marillaud, Inspecteur d’Académie honoraire, ancien chercheur associé à l’Université Jean Jaurès (Toulouse), membre de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Montauban

Comité d’organisation :

Philippe Bécade, chirurgien, Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Montauban

Christophe Cosker, Université de Bretagne Occidentale

Pierre Chartier, Université de Bretagne Occidentale

Pierre Marillaud, Inspecteur d’Académie honoraire, Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Montauban

Michael Rinn, Université de Bretagne Occidentale

Comité scientifique :

Ruth Amossy (Université de Tel Aviv, Israël)

Patrick Charaudeau (Université de Paris 13/CNRS, France)

Béatrice Fleury (Université de Lorraine, France) 

Margareta Kastberg (Université de Franche-Comté) 

Roselyne Koren (Université Bar-Ilan, Israël)

Alice Krieg-Planque (Université Paris-Est Créteil, France)

Montserrat López Diaz (Université de Saint-Jacques de Compostelle, Espagne)

Paola Paissa (Université de Turin, Italie)

Josias Semujanga (Université de Montréal, Canada)

Ndiémé Sow (Université Assane Seck de Ziguinchor, Sénégal)

Anita Staron (Université de Lodz, Pologne)

Jacques Walter (Université de Lorraine, France) 

 


 

 

 

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LES DERNIÈRES PUBLICATIONS

 

- Lexique amoureux de Montauban , Dirigé par Christian Amalvi & Dominique Porté (En cliquant : voir la fiche ci-jointe pour en savoir plus)

Ce lexique emprunte à bien des genres : un livre d’histoire par ces auteurs historiens patentés ou en herbe, papillonnant entre lieux de mémoire, micro-histoire, mythes et légendes. Un livre d’art par l’attention prêtée aux créateurs mais aussi par ces auteurs qui se plaisent à modeler l’univers qui les entoure et les nourrit, en bonne compagnie avec l’oeil aussi curieux qu’enchanteur du photographe Didier Taillefer.

PARMI LES AUTEURS, on note plusieurs membres titulaires de l’Académie de Montauban : Jean-Pierre Amalric, Genevieve André-Acquier, Guy Astoul, Roland Garrigues, Norbert Sabatié et Christian Stierlé

- Stierlé, Christian (2018) Montauban, Photographies de Claude Dorotte, Editions Sutton : (cliquer voir la fiche)

- Jean de Tinan Lettres à Madame Bulteau Édition établie, présentée et annotée par Claude Sicard,  vient de paraître aux Editions Honoré Champion (janvier 2019)

(Voir l'article dans LA DEPECHE du 07 avril 2019)

 

- Guy Astoul ,  Histoire de Montech,   Montech,  Europrint (janvier 2019)

- Geneviève Falgas : Un jour la guerre finira , Editions Cairn, Pyrénées-Atlantiques  (novembre 2018)

(Voir l'article dans LA DEPECHE du 07 avril 2019)

 

L'Académie des Jeux Floraux a décerné à Geneviève Falgas pour ce roman, "Le Grand Prix d'Académie-Prix Henri-Fayolle". qui lui  sera remis le 3 mai , salle des Illustres au Capitole, à Toulouse.

 

- Jean-Luc Nespoulous et Edith Labos, Neuropsicolingüostica, recorrido clinico, élémentos conceptuales...y perspectivas, Libéria AKADIA Editorial  (2019) (en espagnol)

 

 

- Christian Stierlé,  Montauban, Histoire et patrimoine de A à Z, Editions Sutton (2019)

- Chistian Stierlé, Promenades à Montauban, Des lieux, des monuments, des personnages et des événements emblèmatiques, Cairn éditeur (2019)

- Jacques Carral : Deux Siècles d'histoire, L'Académie de Montauban de 1730 à 1930, Académie de Montauban, 2019

 

 

L'ACADEMIE DANS LA PRESSE :

  La Dépêche, 26 juin 2019, p. 20.

 

 

 

 

 

 

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